Stranger Things Saison 3, les limites du phénomène ?

Stranger Things est une série télévisée de science-fiction horrifique américaine, créée par Matt Duffer et Ross Duffer.

En juin 1984, une équipe de scientifiques russes mènent des tests pour une machine capable d’ouvrir un portail vers le Monde à l’Envers. Devant leur échec, le général en charge leur laisse un an.

Été 1985. Tout Hawkins passe ses journées dans le nouveau centre commercial délaissant les commerces du centre-ville. Joyce envisage de quitter la ville. Mike et Elfe sont toujours ensemble. Hopper ne supporte plus de les savoir s’en cesse ensemble. Dustin revient d’un mois en camp de vacances pour jeunes scientifiques où il a rencontré Suzie, devenue sa petite copine vivant dans l’Utah.

Une nuit, une panne de courant soudaine frappe tout Hawkins pendant quelques secondes, et une créature apparait dans un entrepôt d’acier abandonné…


Retour sur les saisons précédentes…

La première saison a été un véritable coup de cœur ! Les frères Duffer nous avaient pondu une œuvre renversante, délicieuse et addictive. Une série qui nous rappelle notre enfance des années 1980 et la culture qui va avec. Un concentré nostalgique qui fait mouche dés le premier épisode. On s’attache facilement à l’univers et aux personnages.

La deuxième saison était attendue avec une grande impatience, et elle a parfaitement répondu à notre attente. Du spectacle, de l’émotion avec en toile de fond les 80’s, c’est une recette qui marche. Les Duffer orchestrent avec intelligence la mise en scène et l’écriture. On peut dire que les deux premières saisons sont des réussites, ce qui laisse un poids important sur la troisième…

Le premier épisode ?

Matt et Ross Duffer ouvre cette nouvelle saison en nous présentant une nouvelle menace de taille. Celle-ci s’ajoute au flagelleur mental de la deuxième saison. On fait ensuite un petit tour d’horizon de Hawkins où l’on découvre que pas mal de choses ont changé en une année. Le système capitaliste se fait de plus en plus ressentir, notamment avec l’ouverture du centre commercial. Nos héros ont grandi et ne sont plus aussi inséparables que par le passé.

La mise en scène et le rythme sont toujours aussi percutants. Une efficacité que l’on ressent dés notre entrée dans Hawkins. Le scénario affiche une toile de fond intéressante avec la Guerre Froide et le chômage qui guette les petits commerces. Seule petite ombre au tableau, l’évolution de Jim Hopper, notamment envers Mike. Cela est balancé de manière trop grossière, et les Duffer sont capables de la jouer fine parfois, mais pas cette fois. Les explications de son attitude viendront certainement par la suite, mais on espère un peu plus de recul pour la suite des évènements.

Le final de ce premier épisode est à la fois vibrant et facile. Concernant Billy, c’est audacieux et ça nous promet de bonnes choses. En revanche, Dustin qui entend des conversations secrètes russes avec sa « grande » radio, on a du mal à y croire.

Des craintes qui se confirment…

Après avoir enclenché la vitesse supérieure avec les deux premiers épisodes, les frères Duffer tirent au fur et à mesure les grosses ficelles de leur intrigue, sans prendre le temps d’être un minimum crédible et surtout sans vraiment prendre en compte le passé pour l’évolution psychologique des personnages. Le potentiel de nous offrir une grande saison est criant sur chaque épisode.

Contrairement aux saisons précédentes, les facilités scénaristiques sont nombreuses et peu camouflées. Les enchaînements sont cousus de fil blanc, et les rebondissements sont téléphonés pour la plupart. Les personnages ont certaines réactions incohérentes, notamment face au danger. Les frères Duffer ne perfectionnent pas leur mécanique, ce qui aurait été une bonne chose pourtant.

A la mi-saison, on a l’impression que les frères Duffer n’ont plus trop le sens du rythme, ils s’enlisent au milieu de la menace russe, du flageleur mental et de quelques incohérences. Les sous-intrigues les plus intéressantes sont les évolutions de Eleven/Mike et Jonathan/Nancy. Les références sont moins subtiles que sur les deux saisons précédentes, au point d’être à la limite de l’overdose.

Et au final, ça donne quoi la saison 3 de Stranger Things ?

Une fois la scène poste-générique finie, on s’est demandé que faut-il retenir concrètement de cette nouvelle saison ? Et bah… le dernier épisode et quelques scène d’horreur bien senties. Un constat décevant, qui s’explique par le fait que les Duffer commencent à perdre pied. Cela se ressent avant tout dans l’écriture, qui est beaucoup plus grasse qu’auparavant. Ils cèdent à la facilité, et oublient que c’est une bande (éclatée) de gosses, à l’image de Hopper et Joyce.

Les arcs narratifs sont plus ou moins aboutis et crédibles. Même si nous sommes devant une série américaine fantastique, on souhaite un minimum de cohérence. La dramaturgie est beaucoup moins présente, que sur les autres saisons, alors que la menace semble plus importante. L’humour n’agit pas comme une petite soupape, au contraire elle désamorce souvent l’intensité et le peu d’enjeux. Trop de fun, tue le fun, et la scène entre Suzy et Dustin en est la parfaite représentation.

En parlant des personnages, la petite bande est plus dispersée que d’habitude et cela un déséquilibre dans le traitement de chacun. Max et Lucas passent à la trappe, Will et Billy sont sous-exploités, tandis que Hopper et Joyce est caricaturés à souhait. Les deux premières saisons nous avaient justement montré des adultes beaucoup moins stéréotypés et plus concernés concernant les enfants. La menace russe est torpillée de manière peu convaincante.

Rassurez-vous, cette troisième a tout de même quelques qualités notables, comme les séquences d’horreur organiques. Les scènes scènes d’actions ont du cachet, notamment dans la maison de Hopper. La relation entre Steve et Robin se révèle la bonne surprise de la saison. Le peu de moments partagés entre Eleven et Billy sont à la fois frissonnants et mélancoliques.

A mon sens, les frères Duffer doivent prendre plus de temps pour affiner leur scénario, surtout lorsque les membres de la bande suivent des chemins différents. La double menace était un parti pris louable, sauf qu’il est lui aussi déséquilibré et peu passionnant.

En résumé, Stranger Things saison 3 déçoit, même si elle est un minimum divertissante. La prochaine saison annonce de nouveaux horizons, donc peut-être de nouveaux déséquilibres scénaristiques.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. belette2911 dit :

    Dommage parce que le saison 1 était super !

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  2. vittallek dit :

    même si elle est un minimum

    Aimé par 1 personne

  3. vittallek dit :

    Dans la plupart des émissions de télévision et des https://papystream.tube/ films, l’amour triomphe de tous les problèmes et de toutes les difficultés.

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