Après Séance : 90’s

90’s est une comédie dramatique américaine écrite et réalisée par Jonah Hill.

Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, le comédien Jonah Hill, révélé dans les comédies potaches de la bande Apatow (« Superbad« , « 40 toujours puceau« , « En cloque, mode d’emploi« ) puis reconnu par la critique pour ses belles prestations chez Scorsese, Tarantino ou les frères Coen, s’attaque à un sujet déjà abordé par d’autres cinéastes américains (principalement Larry Clark, Gus Van Sant et Gregg Araki) au point d’être devenu l’un des principaux sous-genre du « Teen Movie » ( = film de jeunes) : le film de skate, ou presque.

Au même titre que ses prédécesseurs, Jonah Hill inscrit son film (le titre l’indique très clairement) au milieu des années 90, à une époque où le hip-hop, les fringues larges et le skate occupaient une place prépondérante chez une grande partie de la jeunesse américaine.

A travers l’histoire de Stevie, un jeune pré-adolescent de 13 ans en proie à une situation familiale difficile (une mère célibataire et un grand frère tyrannique et brutal) qui va faire la connaissance d’une bande de jeunes skaters très dévergondés et à la vanne facile, c’est un récit initiatique que nous conte le réalisateur, l’évolution d’un jeune garçon un peu livré à lui-même qui va voir se développer en lui un fort sentiment d’appartenance au contact de ce groupes d’adolescents dont l’indépendance d’esprit cache cependant un profond manque d’affection (on ne voit ni n’entendons jamais parler de leurs parents).

Le principal point positif est que Hill ne juge jamais ses personnages, il les filme de manière presque documentaire tout en n’oubliant pas de faire du cinéma (les nombreux « plans larges » et « plans d’ensemble » étant là pour symboliser la solide amitié du groupe), à travers leurs différents actes, quels qu’ils soient. Cette façon de faire confère à son film une belle approche humaniste, sensible et touchante, loin du misérabilisme glauque des derniers Larry Clark et du côté scolaire de Gus Van Sant.

Le fait d’avoir fait appel à des comédiens pour la plupart non professionnels (à l’exception de Katherine Waterston dans le rôle de la mère et Lucas Hedges dans celui du grand frère) rajoute un surplus d’authenticité à l’ensemble. On retiendra d’ailleurs la prestation très naturelle du tout jeune Sunny Suljic dans le rôle de Stevie, dont on espère un très bel avenir cinématographique.

A la fois récit d’apprentissage, « Teen Movie », chronique sociale et même par moment « Feel-Good Movie », « 90’s » constitue un bel essai pour Jonah Hill en tant que réalisateur. Si l’on pourra regretter un rythme parfois un peu lent, on notera tout de même l’envie du réalisateur de proposer un regard sincère et nostalgique sur cette jeunesse des années 90 dont il faisait visiblement partie. Nostalgiiiie !!!

François Bruwier.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. regardscritiquesho22 dit :

    « 90’s » de Jonah Hill…
    Un bien joli film, plein de fraîcheur et d’émotion.
    Il s’agit d’une éducation, y compris sentimentale (Je vous laisse découvrir la très drôle scène de dépucelage du jeune garçon!), d’une initiation d’un gamin, en recherche de repères entre sa jeune mère, apparemment célibataire et passablement dépassée, et son frère aîné, foldingue et légèrement taré, qui passe son temps à pratiquer sur lui des passages à tabac particulièrement violents. Livré à lui-même, il essaie par tous les moyens de s’intégrer dans un groupe de copains plus âgés que lui et il y réussit parfaitement, parce qu’il a l’art et la manière de se faire apprécier. C’est grâce à eux qu’il va se faire initier au tabac, à l’alcool et à un tas de substances plus ou moins licites. Nous sommes à Los Angeles, dans les années 90, comme l’indique le titre, et le skate est la préoccupation principale de ce petit monde, dans lequel notre héros montre une rage de s’intégrer, c’est ce qui fait l’élément essentiel et le plus intéressant du film.
    Le jeune Stevie est un personnage craquant, émouvant et d’une très grande beauté. « 90’s » est le portrait drolatique et émouvant de ce petit bonhomme, auquel on ne peut que s’attacher. Le jeune acteur, Sunny Suljic, est époustouflant de naturel. Quant aux autres personnages, rejetons populaires des banlieues de Los Angeles, ils sont tous également attachants et les acteurs qui les interprètent sont tous épatants. Ajoutez à cela, évidemment, une très belle bande-son et vous obtenez un film agréable à suivre, techniquement impeccable, parfaitement réalisé, avec du rythme, des plans esthétiquement réussis et un montage dynamique!
    Au total, une bien belle réussite!

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