Critique : Luke la main froide (1967)

Luke la main froide est un film dramatique américain réalisé par Stuart Rosenberg.

Ce film est une adaptation du roman homonyme de Donn Pearce.

Pour s’être livré à des actes de vandalisme, Luke Jackson purge une peine de deux ans de prison dans un camp de travail. Il s’y lie d’amitié avec un autre détenu, Dragline, et devient bientôt le prisonnier le plus populaire grâce à son flegme et sa joie de vivre communicative.


A la dérive…

La scène d’ouverture nous dévoile un homme qui a noyé sa tristesse dans l’alcool, et qui pour se détendre décide de « décapiter » des parcmètres en pleine nuit. Luke (Paul Newman) esquisse un sourire lorsque la police vient l’arrêter, comme si il était heureux d’être embarqué. Ce sourire caractérise déjà le personnage comme un provocateur, un rouage qui grippe, un emmerdeur, comme dirait John McClane dans « Piège de cristal« .

On passe à l’intégration dans la prison, et Luke confirme qu’il est bel et bien une mouche dans le lait. Il n’hésite pas à répondre aux gardiens ou au détenu « leader » nommé Dragline. De micros oppositions se créent entre Luke, les gardiens et les prisonniers.

Stuart Rosenberg pose efficacement le décor et son protagoniste principal. Aujourd’hui, ça sonne classique mais à l’époque c’était frais. La mise en scène et le scénario reflètent le changement qui opère dans les studios, le Nouvel Hollywood est en marche.

Le merveilleux Paul Newman !

En plus d’un réel savoir-faire concernant la mise en scène, Stuart Rosenberg est également conscient d’avoir devant sa caméra l’un des plus grands acteurs du cinéma américain. La composition de Paul Newman est magnifique. A la fois charmant et émouvant, l’acteur s’approprie le rôle à merveille. Il s’agit sans aucun doute d’un des plus beaux personnages qu’il ait eu à incarner au cinéma.

A ses côtés, George Kennedy est tout aussi à l’aise en grosse brute épaisse, qui se révèle attachant par la suite. D’ailleurs, cette interprétation lui a valu l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle.

On retient également Strother Martin (Captain) et le mimétisme de Morgan Woodward (Boss Godfrey). La prestation furtive de Jo Van Fleet (Arletta) est très émouvante.

Dennis Hopper et David Dean Santon viennent compléter ce joli casting.

Et au final, ça donne quoi Luke la main froide ?

A mon sens, ce film a certainement inspiré bon nombre de longs métrages comme Vol au dessus- d’un nid de coucou, Rusty James ou encore L’évadé d’Alcatraz. Ses personnages et sa volonté de critiquer le système autoritaire américain sont palpables dans dans les films précités. Luke la main froide est loin d’être une œuvre poussiéreuse. Il tire sa force dans son protagoniste principal, parfaitement composé et interprété. A travers lui, le réalisateur dépeint une atmosphère à la fois décontractée et dramatique.

Sa mise en scène s’appuie à merveille sur les décors, les acteurs et la photographie de Conrad Hall. Le montage et les transitions ne laissent aucune longueur s’installer. Techniquement, Stuart Rosenberg fait preuve d’une bonne appréhension concernant les différents environnements. Et son cadre ne cesse de dépendre de Luke et de ses émotions. La scène où il revoit sa mère est tout bonnement l’une des plus belles du film.

Ainsi, la sève romanesque de Donn Pearce est respectée. Le scénariste, Frank Pierson (Présumé Innocent, Un après-midi de chien) apporte de légères modifications pour lui souffler un aspect plus cinématographique, et plus tiré sur le drame. Les dialogues apportent du caractère aux personnages, mais aussi long métrage. Là aussi, on retrouve l’équilibre entre le drame et la comédie. Contrairement au roman, le passé de Luke est plus obscure, mais se laisse deviner par certaines phrases. Le scénariste épaissit le contraste entre Luke et le système carcéral américain, afin d’y injecter son regard critique. D’ailleurs, il étrange que la carrière de Frank Pierson n’ai jamais vraiment décollé. Pourtant, ses scripts cinématographiques ou télévisuels étaient de qualité.

L’éternel Lalo Schifrin (Bullit, Mission Impossible) signe un score en adéquation avec le propos, son époque et surtout Luke.

En résumé, Luke la main froide est à voir pour de nombreuses raisons, mais surtout pour l’interprétation flamboyante de Paul Newman.

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