Critique : Brawl in Cell Block 99 (2017)

Brawl in Cell Block 99 (Section 99) est un thriller américain écrit et réalisé par S. Craig Zahler.

Bradley Thomas est un ancien boxeur devenu mécanicien qui, du jour au lendemain, se retrouve au chômage et apprend que sa femme voit un autre homme depuis quelques temps. Même si leur couple bat de l’aile, ils décident de se donner une seconde chance en essayant d’avoir un enfant. Pour gagner de l’argent, Bradley devient coursier pour son ami Gil, un trafiquant de drogues.

Dix-huit mois plus tard, le couple a repris goût à la vie à deux. Bradley gagne très bien sa vie et sa femme est enceinte et elle est sur le point d’accoucher. Jusqu’au jour où un deal tourne mal et Bradley est envoyé en prison. Un mystérieux visiteur, nommé « L’homme placide » lui annonce qu’il doit provoquer son transfert en prison haute sécurité pour mettre la main sur un autre détenu incarcéré s’il veut sauver sa femme…


Entre Bone Tomahawk et Dragged Across Concrete (Trainé sur le bitume), S. Craig Zahler pose sa caméra dans les bas fonds de l’Amérique et l’univers carcéral. Comme à son habitude, le cinéaste américain s’appuie sur un petit budget et des acteurs expérimentés. Au box office, le film n’a rapporté à peine 7 000 dollars. Le marché vidéo a été plus concluant avec près 1,8 millions de dollars. Bizarrement, chaque film de Zahler ne bénéficie pas d’une sortie en salles. Pourtant, ce cinéaste est talentueux aussi bien dans la mise en scène, que dans l’écriture, et mérite que son cinéma atteigne les salles obscures.


rebâtir sur bases saines ?

Les premières minutes nous dresse le portrait de Bradley, qui enchaine les mauvaises surprises. On retrouve le réalisme de la mise en scène à la Zahler, c’est à dire au plus près du protagoniste principal et de son environnement. Vince Vaughn magnétise le cadre, ce qui favorise notre attachement pour son personnage, qui est entrain de tout perdre mais qui ne lâche rien et croit encore que le bonheur existe.

Immédiatement, on se passionne pour cette histoire qui respire une certaine authenticité. On souhaite que Bradley et sa femme parviennent à se sortir de cette fausse pour ainsi vivre paisiblement en famille.

S. Craig Zahler impose une scénographie intime sur un rythme lent. Il s’attarde avec force sur chaque geste ou parole de Bradley, afin de d’intensifier l’aspect viscéral de son cinéma.

Un casting qui a de la gueule !

Vince Vaughn signe la performance la plus intense de sa carrière d’acteur. A la fois massif, doux et explosif, il incarne parfaitement cet homme déterminé à vivre une vie de famille. Il est sûr que si le film avait été mieux distribué dans le monde, l’acteur américain aurait bénéficié de plusieurs nominations et prix à travers différents festivals et autres cérémonies prestigieuses.

A ses côtés, Jennifer Carpenter se montre convaincante en femme fautive et qui souhaite aussi sortir des bas fonds américains pour vivre une vraie vie de famille.

Don Johnson fait parler son savoir-faire dans la peau du directeur de prison de haute sécurité. Udo Kier est déstabilisant à souhait dans le rôle de l’homme placide.  Et pour finir, Dion Mucciacito se révèle solide en petit mafieux mexicain.

Et au final, ça donne quoi Braw in Cell Block 99 ?

Pfffiouuuu ! S. Craig Zahler signe un petit bijou grisonnant dont il a le secret. Braw in cell block 99 est un nouvel uppercut qui détache la mâchoire et résonne jusque dans l’estomac. Son écriture et sa mise en scène sont aiguisées comme des rasoirs qui tranchent dans le vif. Une manière de concevoir le cinéma, la violence et les sentiments qui rappelle Michael Cimino. Cela ne m’avait pas sauté aux yeux pour Bone Tomahawk et Dragged Across Concrete. Braw in cell block 99 vient de confirmer que Zahler est le digne successeur de Cimino.

Sa scénographie est caractérisée par une précision implacable dans le rythme, le cadre et le montage. Le cinéaste crée un siphon dans la première partie pour ensuite y faire sombrer le spectateur en même temps que ses personnages. S. Craig Zahler jauge à merveille le spectacle, l’intimité et surtout l’effet de surprise. Il est difficile de deviner les évènements à l’avance, car le réalisateur aime surprendre. Son suspens et son sens de l’imprévu frappent fort et juste.  La photographie de Benji Bakshi est toujours aussi sublime et en adéquation avec le travail de Zahler. Le seul petit reproche que l’on puisse faire à ce film, c’est concernant les prothèses lors des scènes de violences. Est-ce une question de budget ? Pas forcément…

Au niveau de l’écriture, c’est toujours aussi proche de la réalité. S. Craig Zahler s’entendrait bien avec Taylor Sheridan, scénariste de Sicario et Comancheria. Comme lui, le cinéaste s’intéresse à la face cachée de l’Amérique et se passionne pour les laissés pour compte. On sent une recherche perpétuelle, ce qui donne de l’authenticité à ses histoires. Ça respire la rue, les impasses, les combines… Ajouté avec un sens de la dramaturgie certain, on a un scénario aux allures classiques mais à la profondeur unique.

Et pour finir, la bande originale ne restera pas dans les mémoires. Est-ce encore une fois une question de budget ou bien de tout simplement une volonté de S. Craig Zahler ? Un peu des deux…

En résumé, Brawl in cell block 99 est clairement à avoir dans sa collection, tout comme les autres films de Zahler. Ce cinéaste est à suivre de très très près et doit surtout être soutenu pour que son cinéma arriva dans nos salles obscures.

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