Critique : L’Agence (2011)

L’Agence est un film de science-fiction américain écrit, produit et réalisé par George Nolfi.

Sommes-nous réellement maîtres de notre destin ? Ou sommes-nous manipulés par des forces invisibles ? David Norris entrevoit l’avenir que le Sort lui réserve et se rend compte qu’il aspire à une autre vie que celle qui lui a été tracée. Pour y parvenir, il va devoir poursuivre la femme, dont il est tombé follement amoureux, à travers les rues de New York et ses réseaux souterrains…


Diplômé d’un baccalauréat en politique publique et d’un doctorat en sciences politiques, George Nolfi fait ici ses premiers pas en tant que réalisateur. Auparavant, il avait participé à la production et l’écriture du thriller The Sentinel avec Michael Douglas, Kiefer Sutherland et Eva Langoria. Et il a surtout écrit les scénarios de Prisonniers du temps (2002), Ocean’s Twelve (2004) et La Vengeance dans la peau (2007).

Pour sa première derrière la caméra, George Nolfi a souhaité adapté Adjustment Team de Philip K. Dick. L’écrivain américain est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands auteurs dans la science-fiction.Ces œuvres ont d’ailleurs inspiré des films tels que Blade Runner, Total Recall, Minority Report ou encore Paycheck.


La croisée des destins et des genres

En l’espace de quelques minutes, George Nolfi pose efficacement son intrigue et sa combinaison des genres. La scénographie est assez académique, et s’appuie principalement sur le montage et le duo charmant Damon/Blunt. La complicité entre les deux fait mouche, ce qui renforce le multi-genres.

Le premier quart d’heure nous montre que l’on est dans le divertissement à l’américaine avec un propos intéressant. George Nolfi semble avoir adopté la sobriété pour ce premier film, et c’est plutôt efficace.

Le savoir-faire à l’américaine

Comme pour The Sentinel, George Nolfi mise sur un casting de qualité. Déjà, nous avons Matt Damon dans la peau du héros où il se montre convaincant comme à son habitude. L’acteur est une valeur sûre, peu importe le registre et on sait que le thriller lui va comme un gant.

A ses côtés, Emily Blunt se montre à son aise en jeune danseuse prometteuse qui voit sa vie chamboulé par David Norris (Matt Damon). Elle véhicule comme il faut le côté mystère et romantique au sein du long métrage.

En seconds couteaux, on a également du beau monde. Anthony Mackie confirme qu’il est un acteur en plein essor en livrant une prestation toute en sobriété. Terence Stamp et John Slattery font parler l’expérience et le charisme naturel.

Et au final, ça donne quoi L’Agence ?

Pour son premier film, George Nolfi réussit à nous offrir un divertissement haletant et un brin original. Le cahier des charges hollywoodien se fait un peu trop ressentir. Il y a un certain empressement à vouloir tout (et trop) dévoiler. Le long métrage aurait gagné en relief et en originalité.

La mise en scène ne révolutionne pas le genre, mais s’avère entrainant grâce à son rythme et son montage. La photographie est satisfaisante et met en avant la beauté de certains décors. Le réalisateur (et la production aussi) n’a pas souhaité jouer la complexité à travers le cadre et le montage pour ne pas perdre le spectateur, et surtout pour être ouvert au grand public. A mon sens, George Nolfi avait la place pour travailler au détail certains aspects de son script, et surtout de ne pas suivre la ligne de conduite typique d’Hollywood. Cela aurait pourtant épaissi le suspens et l’identité cinématographique de Nolfi.

Le scénario s’articule autour du romantisme, de la science-fiction, du fantastique et un peu la politique. Un mélange séduisant et assez bien équilibré dans l’ensemble. Les codes restent classiques, ce qui ne portent pas l’originalité du propos au sommet. La conception de l’Agence est intéressante aux premiers abords, mais elle perd de sa superbe au fur et à mesure de son développement (expéditif). Les personnages et les différents dilemmes sont de bons artifices pour l’intrigue.

La bande originale est plutôt une suggestion aux images, ce qui fonctionne assez bien dans l’ensemble. Thomas Newman montre une nouvelle fois son savoir-faire pour souffler du dynamisme et du suspens.

En résumé, L’Agence a pour but de nous divertir à travers une course contre le temps et la destiné. George Nolfi doit maintenant confirmer avec un nouveau long métrage…

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