Critique : The Endless (2017)

The Endless est un film de science-fiction produit, écrit et réalisé par Justin Benson et Aaron Moorhead.

Deux frères retournent dans la secte qu’ils ont quittée dix ans auparavant après avoir reçu une mystérieuse lettre rédigée par l’un des membres de leur ancienne « famille ». Très vite, des événements inexpliqués vont remettre en cause leurs croyances…


Aaron Moorhead et Justin Benson ont démarré leur carrière commune de cinéastes avec Resolution en 2012. En plus d’être producteurs, scénaristes et réalisateurs, le duo officie également en tant qu’acteurs. Leur premier film ne bénéficie pas de sortie en salles, mais obtient des critiques positives à l’occasion de sa projection dans plusieurs festivals de cinéma. Par ailleurs, Resolution est récompensé par quatre prix au Toronto After Dark Film Festival. Avec un budget de 20 000 dollars, la paire Moorhead/Benson s’est montré à la fois créatif et pourvu d’un réel potentiel pour la suite.

En 2014, ils signent Spring, une love story horrifique qui donne encore plus d’éclat au tandem. Aaron Moorhead et Justin Benson confirment leurs talents et franchissent une nouvelle marche artistique. Trois années plus tard, ils débarquent dans les plus grands festivals de la planète avec The Endless. Comme pour leurs films précédents, Moorhead/Benson obtiennent des critiques élogieuses de la part du public, des médias et des professionnels du cinéma.


Perdus dans l’oubli ?

En ouvrant leur long métrage par une citation de Howard Phillips Lovecraft, le duo de cinéastes annoncent la couleur et surtout confirment la principale référence de leur cinéma.

Ensuite, on nous présente Justin et Aaron, deux frangins à la vie sociale peu développée. On comprend très vite qu’ils ont été élevés par une secte. Pour le moment, rien de bien original, ni de fantastique. Comme d’habitude, Aaron Moorhead et Justin Benson sème le classique pour ensuite souligner le contraste avec l’irrationnel.

L’étrange s’installe progressivement, notamment lorsque les deux frères débarquent en terre (in)connue…

Devant et derrière la caméra

Aaron Moorhead et Justin Benson interprètent les deux rôles principaux de leur propre film et de leur propre histoire. Ils livrent tous les deux des prestations solides. Le duo se connait très bien, et donc l’alchimie est instantanée. Les deux hommes évitent de tomber dans le cabotinage, et interprètent les émotions avec justesse et sobriété.

En ce qui concerne les acteurs secondaires, ils apparaissent pour la plupart quelques minutes à l’écran et se montrent suffisamment convaincants. C’est seulement sur cette partie que l’on peut voir l’aspect « directeurs » chez Moorhead et Benson.

Et au final, ça donne quoi The Endless ?

Le cinéma indépendant américain a encore de beaux jours devant lui avec des jeunes cinéastes aussi créatifs, que passionnés. En toute simplicité, Aaron Moorhead et Justin Benson sèment à la fois l’étrange, l’angoisse et l’horreur. Le spectateur ne peut être que fasciné par leur travail et l’expérience cinématographique qui en découle. Un tourbillon lovecraftien comme on en voit très peu, et qui vient secouer le genre et ses codes.

The Endless se démarque par sa mise en scène simple et diablement efficace. Le tandem Moorhead/Benson se montre cohérent sur chaque plan et séquence. Une maitrise du cadre qui peut faire rougir pas mal de réalisateurs parachutés sur des grosses production horrifiques. Conscient et rodé aux petits budgets, les cinéastes se montrent ingénieux en travaillant principalement sur le hors champs, ce qui donne encore plus d’ampleur à l’atmosphère étrange du long métrage. La photographie de Aaron Moorhead s’appuie parfaitement sur les ombres et la lumières, ce qui lui donne un cachet crépusculaire et fiévreux. La direction artistique surfe sur la même sobriété et intelligence que le reste.

Au niveau de l’écriture, on retrouve la combinaison des genres qu’affectionnent Moorhead et Benson depuis le début. Ils démarrent sur un propos sociétal pour ensuite lui donner des directions plus mystérieuses les unes que les autres. Un labyrinthe où il n’y a plus de frontière entre le réalité et l’irrationnel. A l’image de l’affiche, c’est abyssal et fascinant.

Il est difficile de vous en dire pour ne pas vous gâcher l’expérience…

En résumé, The Endless vient confirmer une maitrise du genre lovecraftien et un sens de la créativité qui fait mouche. Aaron Moorhead et Justin Benson méritent de bénéficier d’un budget plus important pour leur prochain film.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    Deuxième chronique élogieuse que lis sur ce film aux accents lovecraftiens. Très envie de m’y plonger.

    Aimé par 1 personne

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