Critique : Lost In Translation (2004)

Lost In Translation est une comédie dramatique américano-japonaise écrite et réalisée par Sofia Coppola.

Bob Harris est un acteur américain dont la carrière semble s’essouffler. Il part à Tokyo tourner un spot publicitaire, non seulement pour gagner de l’argent mais également pour s’éloigner de sa femme. Sur place, il a bien du mal à s’accoutumer à la ville et passe la majorité de son temps dans son hôtel de luxe. Là-bas, il y rencontrera Charlotte, une jeune Américaine tout juste diplômée qui est venue accompagner son mari photographe, John.


Après s’être fait remarquer avec Lick The Star (1996) et Virgin Suicides (1999), Sofia Coppola figure parmi les cinéastes à suivre de près, et est considérée comme une authentique personnalité d’auteur avec ces deux premiers longs métrages. Lost In Translation viendra conforté ce statut, puisque Sofia Coppola va puiser dans son propre vécu pour cette histoire. L’académie des Oscars la récompensera avec l’Oscar du meilleur scénario original.


les âmes égarées

Dés les premiers instants, Sofia Coppola instaure une atmosphère particulière, où le temps et la vie semblent peu à peu disparaitre de Charlotte et Bob Harris. La solitude est omniprésente, malgré une opposition de parcours et une différence d’âge.

Instantanément, on s’attache à ces deux personnages qui errent dans leur chambre d’hôtel en plein Tokyo. La cinéaste s’attarde sur les regards, les expressions et l’environnement qui contient Charlotte et Bob.

Le premier quart d’heure véhicule déjà une aisance et un investissement certain de la part de Bill Murray, Scarlett Johansson et Sofia Coppola. Une alchimie est née et devrait prendre de l’ampleur par la suite.

Un duo en état de grâce

Bill Murray a trouvé certainement le plus beau rôle de sa carrière dans ce film. Toute en nuances et subtilité, l’acteur américain signe une interprétation pleine de maitrise et d’émotions.

A ses côtés, Scarlett Johansson rayonne littéralement dans cette mélancolie douce. Ils forment à eux deux un tandem savoureux, complice et d’un naturel confondant. On assiste à quelque chose de rare et de beau en les regardant. La magie du cinéma qui opère à travers ce duo magnétique.

Et au final, ça donne quoi Lost in translation ?

De la première à la dernière minute, ça respire le cinéma et la vie de Sofia Coppola. Une œuvre très personelle qui touche et questionne nos vies. Quelle est réellement ma place ? Dois-je partager ma vie avec quelqu’un ? La cinéaste nous embarque dans un voyage doux et mélancolique, où tout semble à la fois authentique et fantasmes.

Lost In Translation s’est avant tout une ambiance à part, quasi hors du temps. Sofia Coppola signe une mise en scène simple en apparence, qui invite le spectateur dans sa bulle cinématographique. Son cadre fige ses personnages dans cet hôtel, avant de les réunir et les faire vibrer dans les rues de Tokyo. La cinéaste s’appuie à merveille sur le talent de Bill Murray et Scarlett Johansson. Les émotions intérieures et extérieures sont parfaitement captées, et amène à un somptueux contraste avec la cadence de la mégalopole. Chaque personnage se reflète dans l’autre, un miroir qui s’éclaircit au fur et à mesure jusqu’à ce magnifique final. L’impact sensorielle et émotionnelle est favorisé par un montage aiguisé et un rythme apaisant.

A travers son scénario, Sofia Coppola distille des fragments de sa vie et de sa personnalité. Les personnages, les dialogues, le choc culturel Orient/Occident, l’amour et l’amitié renvoient au vécu de la cinéaste. Sa relation avec Spike Jonze, son voyage à Tokyo et sa solitude lors de cette période sont omniprésents dans son script. Plus tard, Spike Jonze répondra à Sofia Coppola avec Her. Le parallèle entre les deux films est criant, notamment avec les thématiques et angoisses communes. On retrouve aussi un humour cynique et décalé. Le rapport à la technologie, les passes-temps… Tout est là ! Un véritable miroir artistique de cette relation amoureuse.

La bande originale s’accorde à merveille avec l’atmosphère feutrée de Coppola. Bizarrement, on retient principalement les interprétations au karaoké où les regards complices et les paroles ont un impact retentissant sur le spectateur.

En résumé, Lost In Translation est une comédie romantique touchée par la grâce. Une (belle) histoire personnelle, un cadre attentif, une grand acteur et une grande actrice. Le meilleur film de Sofia Coppola à ce jour.

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