Il était une fois… Le Parrain de Francis Ford Coppola

Le Parrain (The Godfather) est un film américain coécrit et réalisé par Francis Ford Coppola.

En 1945, à New York, les Corleone sont une des 5 familles de la mafia. Don Vito Corleone, `parrain’ de cette famille, marie sa fille à un bookmaker. Sollozzo, `parrain’ de la famille Tattaglia, propose à Don Vito une association dans le trafic de drogue, mais celui-ci refuse. Sonny, un de ses fils, y est quant à lui favorable. Afin de traiter avec Sonny, Sollozzo tente de faire tuer Don Vito, mais celui-ci en réchappe…


Ce qu’il faut savoir absolument sur ce chef d’oeuvre : 

Le Parrain est avant tout un roman américain écrit par Mario Puzo, publié en 1969. Il décrit le fonctionnement d’une famille de la mafia italo-américaine implantée à New York.
Mario Puzo a collaboré étroitement avec Francis Coppola sur la totalité de la saga.

– Avant de choisir Francis Ford Coppola, la Paramount avait sollicité Sergio Leone, Peter Bogdanovich, Peter Yates, Richard Brooks et Constantin Costa-Gavras. Le studio ne veut pas mettre trop d’argent dans ce projet (moins de 10 millions de dollars), et décide alors d’engager Francis Ford Coppola. A l’époque, il s’était distingué comme un cinéaste prometteur capable de faire beaucoup avec peu. Robert Evans, le patron de la Paramount est également séduit par la vision de Coppola, qui veut signer une métaphore du capitalisme américain, tout en traitant la culture italienne et plus précisément la culture sicilienne.

– Le tournage a été très mouvementé, surtout dans les premières semaines. La Paramount n’est pas totalement confiante envers Francis Ford Coppola. La production se voit retardée dés la première semaine suite à incident qui blesse sérieusement Al Pacino. Deux des producteurs du film songent alors à remplacer Coppola, en vain. C’est finalement en visualisant la scène de l’assassinat de Sollozzo et de McCluskey dans le restaurant, que la Paramount décide de conserver Francis Ford Coppola, tout en gardant les yeux braqués constamment sur son travail.

– A l’approche de la fin du tournage du Parrain, il manque à Coppola une scène de transmission entre Vito et son fils Michael. Un instant qui n’existe pas dans le livre de Mario Puzzo, et le cinéaste est à la fois rincé du tournage et à cours d’idée. Il fait alors appeler au scénariste Rober Towne, qui va lui écrire la scène du jardin en une nuit, et elle est tournée le lendemain, le dernier jour du tournage.

– Marlon Brando et Al Pacino ont été imposés par Francis Ford Coppola. Les cadres du studio de Paramount Pictures ne voulaient absolument pas de ces deux acteurs. Le premier est réputé pour causer le chaos dans les tournage, tandis que le second est inconnu du grand public. La Paramount souhaite voir des valeurs sûres qui ne posent aucun soucis, comme Ernest Borgnine (La Horde Sauvage) pour interpréter Don Vito Corleone et Ryan O’Neal ou Robert Redford pour le rôle de Michael Corleone. Heureusement, Francis Ford Coppola a eu le dernier mot concernant les deux rôles principaux de son film.

– Frank Sinatra a fait pression sur la production pour jouer le personnage de Johnny Fontane qui, dans le roman de Puzo, est inspiré par sa vie en raison de ses liens présumés avec la Cosa nostra. Malgré cela, il n’obtient pas le rôle.

– D’autres grands noms ont bien failli s’ajouter au casting, Paul Newman pour le rôle de Tom Haggen, Sylvester Stallone pour ceux de Carlo Rizzi et Paulie Gatto et Mia Farrow pour Kay. Mais le petit budget contraint la production à engager de jeunes acteurs prometteurs (James Caan, Diane Keaton, John Cazale ou encore Robert Duvall).

– Al Pacino, James Caan et Diane Keaton ont reçu chacun un cachet de 35 000 dollars pour leur travail sur le film. Robert Duvall a été payé 36 000 dollars pour huit semaines de tournage. Marlon Brando a, finalement, reçu 50 000 dollars de salaire pour six semaines plus 5 % des recettes du film, soit un total de 1,5 million de dollars. Brando a par la suite vendu ses points à Paramount pour 300 000 dollars. Toute une époque se résume dans ses chiffres.


Une ouverture inoubliable ! 

La musique de Nino Rota emporte d’entrée le spectateur dans un monde, celui de la mafia sicilienne en Amérique. On contemple toute la virtuosité de Fracis Ford Coppola dans sa manière de planter le décor. Sa cadre et son montage respirent le cinéma et l’intelligence dans l’exécution. L’immersion totale grâce à ce magnifique plan-séquence.

Marlon Brando est impérial ! Sa composition irradie littéralement la pièce et l’écran. Comment ne pas être scotché devant une telle maîtrise ?! On assiste à un très grand moment de cinéma, qui annonce un chef d’oeuvre incontournable.

Une direction optimale pour une distribution flamboyante 

Quel casting ! Quelles interprétations ! Et surtout quel regard ! Tout y est, tout est là ! Francis Ford Coppola a tenu tête à la Paramount pour ses choix concernant les rôles de Vito et Michael. Le résultat est exceptionnel, et va même au-delà de tout ce que pouvait s’attendre le cinéaste et les producteurs.

La rencontre Marlon Brando/Al Pacino tient une symbolique importante dans le film, mais également dans l’histoire du cinéma. Deux symboles du métier d’acteur de deux générations différentes, pour deux prestations qui ravagent tout sur leur passage. La fameuse scène dans le jardin est d’une beauté absolue, et elle résonnera éternellement. Ce passage de témoin entre ces deux monstres du cinéma a quelque chose mystique. Un partage qui fait vibrer et émeut le cinéphile, qu’il soit néophyte ou aguerri.  Bref, cela reste une des plus belles rencontres du cinéma.

Ensuite, nous avons Diane Keaton et Talia Shire dont la beauté ne cachent pas la mélancolie qui les habite. Elles incarnent à merveille l’ombre dans cette famille mafieuse dominée par les hommes.  James Caan et Robert Duvall sont impeccables, tout comme John Cazale.

Du côté des rôles plus secondaires, on retient les excellents Richard S. Castellano, Sterling Hayden, John Marley et Alex Rocco.

Sur tous les plans du casting, Francis Ford Coppola n’a rien laissé au hasard. Tout est parfaitement dirigé et interprété. Voila pourquoi Le Parrain est aussi un monument du Septième Art.

Et au final, Pourquoi Le Parrain est-il est un chef d’ŒUVRE incontournable ?

Que dire… pour ne pas dévaloriser ce pilier du Septième Art. Même en caractérisant ce film avec les mots les plus élogieux, on serrait encore loin du compte pour exprimer la puissance et l’impact de ce chef d’oeuvre sur nous et le cinéma.

Le Parrain de Francis Ford Coppola respire l’amour, l’audace, l’intelligence et surtout le cinéma. C’est pour ce genre de spectacle et d’émotions que l’on aime la grande toile. Tout y est parfaitement réglé, rien ne dépasse. La mise en scène est d’une virtuosité implacable, que ce soit dans l’appréhension du cadrage ou du montage. Une maestria qui frappe juste et fort. Les décors, les costumes et les accessoires participent chaque seconde à la beauté de l’image. Évidemment, les acteurs sont en première ligne et font mouche à chaque mot, chaque regard, chaque geste. Coppola et son chef opérateur, Gordon Willis  prennent chacun de ses éléments en compte pour leur donner une importance au sein du cadre. La magie de cette symbiose s’affiche dés la première scène du film, jusqu’à la dernière.

Sur le plan scénaristique, c’est la même chose. Francis Ford Coppola et Mario Puzzo ont composé un script qui respire à la fois le cinéma et l’authentique. Les dialogues et les situations composent une intrigue forte avec cet aspect métaphorique qui tenait à cœur à Coppola, et qui est l’une des grandes forces du long métrage. Il faut également souligner le traitement minutieux concernant les thématiques phares qui feront la saga, telles que la famille, la politique, la religion et l’Amérique d’après-guerre.

La cerise sur le gâteau est l’œuvre du compositeur italien, Nino Rota.  Ce dernier signe une bande originale majestueuse, qui est en adéquation parfaite avec le travail de Coppola. Le thème principal reste indissociable du film, tant il emporte le spectateur ou l’auditeur vers la Sicile et le monde des gangsters.

En résumé, Le Parrain est incontestablement un pilier indestructible des films de gangsters. Un monument que l’on ne peut pas refuser.

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