Après Séance : Un jour de pluie à New York

Un jour de pluie à New York est un film américain écrit et réalisé par Woody Allen.

Une seule fois dans ses films récents, en 2014, avec le bien nommé « Magic in the moonlight », Woody Allen s’est autorisé à revendiquer une position de croyance ; une foi d’autant plus risquée, d’une naïveté d’autant plus superbement assumée, qu’elle se plaçait en l’amour et en sa « magie », alors effective. Le reste du temps, le cinéaste new-yorkais se croit obligé de rester perché sur la branche supérieure de celui à qui on ne la fait pas, de l’intellectuel revenu de tout.

Sa vindicte s’abat ici sur un malheureux couple de tourtereaux (les pauvres !… s’ils savaient ce qui les attend !…) : le très charmant Timothée Chalamet (Gatsby) et la non moins charmante Elle Fanning (Ashleigh). Tout beaux et amoureux qu’ils sont, au bout de ce cinquantième film de leur créateur, il ne restera rien de leur adorable duo. Au service de ce jeu de massacre, un ramassis de clichés : sur les femmes (elles ont le choix entre belle et stupide, plus rouée mais vulgaire, perspicace mais amère ; n’oublions pas « maman », rachetée de ses manières de grande bourgeoise prétentieuse par la tardive et brusque révélation d’un passé aussi inavouable que peu crédible en sa personne…), sur les métiers (les riches industriels auront nécessairement une fille stupide, les dermatologues passent leur temps à annoncer des cancers, les réalisateurs tourmentés se soulagent de leur névrose en raptant des jeunes filles, les acteurs hyper narcissiques et séducteurs rentrent sagement à la niche dès que leur légitime pointe son nez…), sur l’amour (deux trois flatteries à l’élue de votre cœur et elle – oui, surtout si c’est une « elle » – n’y résistera pas et se pâmera dans les premiers bras ouverts, prête simultanément à passer la nuit avec l’un et partir en voyage avec l’autre…).

Le tout mené au rythme trépidant auquel Woody nous a habitués, assaisonné d’une série de bons mots dont l’enchaînement rapide voudrait nous masquer la lourdeur…

Au terme d’une telle démonstration, mieux vaut partir tout seul chacun de son côté, comme le fait le sage Gatsby, sous les couinements de la jolie Ashleigh, incapable de produire le moindre argument pour tenter de le retenir…

Précisons que ces torrents d’amertume se sont déversés sur une musique presque constante de piano bar. Élégance suprême, on suppose ? Même pas grave… Même pas mal… Pauvre spectateur, si tu crois encore en quelque chose au bout de cette heure et demie, tu es bien naïf…

Anne Schneider.

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