Critique : Docteur Patch (1998)

Docteur Patch est une comédie dramatique américaine réalisée en 1998 par Tom Shadyac.

Au début des années 1970, Hunter « Patch » Adams est un étudiant en médecine surdoué mais excentrique qui, après une dépression et un séjour volontaire en hôpital psychiatrique, s’est découvert un don pour apporter du réconfort et de l’aide à ses semblables par le biais du rire. Il croit alors avec conviction en une approche révolutionnairement plus humaine et relationnelle de la médecine. Il développe avec deux collègues étudiants et amis un foyer humanitaire de soins qui aide des personnes ne trouvant pas le secours recherché auprès de la médecine…

Le scénario de Steve Oedekerk est basé sur la vie de Hunter « Patch » Adams et du livre Gesundheit : Bonne santé, un remède par le rire de Maureen Mylander.


De l’ombre jaillit la lumière…

Le long métrage démarre en nous présentant Hunter Adams, qui débarque dans un hôpital psychiatrique suite à une tentative de suicide. Malgré une certaine mélancolie, le personnage se montre très vite attachant et drôle avec les autres patients. On pense évidemment aux références que sont Vol au dessus d’un nid de coucou, Le Cercle des poètes disparus ou encore L’éveil.

Sur un rythme légèrement expéditif, le réalisateur va au cœur du propos. Hunter Adams a une révélation, celle d’aider son prochain et devant médecin…

Robin Williams en terrain conquis

Une fois encore, Robin Williams signe une interprétation convaincante, même si parfois le tire-larme est abusé. L’acteur américain trouve un rôle sur mesure, et surtout très proche de ceux qui l’ont rendu célèbre. En tout cas, il est l’une des grandes forces du film (comme très souvent).

A ses côtés, on retient Monica Potter qui signe une prestation solide, et qui rappelle par moments Julia Roberts. Philip Seymour Hoffman et Bob Gunton incarnent à eux deux la conformité et la jalousie.

Peter Coyote méritait peut-être une présence plus importante dans le film. Daniel London fait le job en apprenti de Docteur Patch.

Et au final, ça donne quoi Docteur Patch ?

En penchant pour la facilité et le trop-plein d’humanisme, Tom Shadyac livre un biopic impersonnel au cahier des charges maintes fois réchauffé. Cette comédie dramatique reflète un certain potentiel, notamment avec Robin Williams, mais il manque à ce film une vision d’ensemble et surtout une réelle profondeur.

La scénographie est balisée de la première à la dernière minute, afin de couvrir un large public et de faire naître un peu d’émotions. L’académisme dont fait preuve Tom Shadyac use toutes ses intentions, qu’elles soient dramatiques ou humoristiques. Des réalisateurs comme Milos Forman ou Tim Burton auraient sans doute pu apporter un souffle d’originalité et d’audace.

Au niveau de l’écriture, c’est tout aussi classique. Une mécanique dramatico-comique que l’on connait trop, mais qui reste un minimum efficace. Les personnages sont quelque peu caricaturés, d’un côté les bons et de l’autre les méchants. La tendresse contraste ainsi avec la cruauté de la vie.

La bande originale symbolise à elle seule l’aspect tire-larmes du long métrage. Omniprésente et parfois même envahissante.

En résumé, Docteur Patch est loin d’être un mauvais film, mais il tire trop sur les ficelles du genres. Robin Williams porte littéralement le film sur ces épaules.

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