Après Séance : Les Baronnes

Les Baronnes est un thriller américain écrit et réalisé par Andrea Berloff.

Nous sommes en 1978 à New York. Trois épouses de mafieux d’origine irlandaise cherchent à s’en sortir après que leurs maris se soient fait condamner à 3 ans de prison ferme. Elles s’organisent pour mettre la main sur le crime organisé du quartier irlandais de Hell’s kitchen.


[Cette critique est susceptible de vous spoiler]

Le long métrage est adapté de The Kitchen, une série de comics écrite par Ollie Masters et Ming Doyle et publiée chez Vertigo, une filiale de DC Comics.

Les Baronnes est un film curieux sur le crime organisé. Centré autour de trois femmes plutôt « mal mariées » qui décident de s’en sortir dans un monde d’hommes, le film s’attache tout d’abord à dresser le profil psychologique de ces trois apprenties gangsters, toutes trois très différentes. Le film étant porteur d’un féminisme assez exacerbé, la réalisatrice s’est bien gardée de dépeindre trois furies assoiffées de sang et prêtes à tout, légitimant leurs mauvaises actions par leur dramatique position sociale.

Nos trois « Scarface » au féminin n’hésiteront pas à commettre des crimes de sang ou à « mettre des contrats » sur la tête de potentiels gêneurs. Cependant, elles seront toujours soucieuses de faire profiter l’ensemble de leur communauté de leur réussite et de renvoyer l’ascenseur. Seule Ruby, femme de couleur, deviendra réellement très dure, profitant de son ascension pour militer également pour la cause des afro américains.

Message féministe et film militant

La réalisatrice semble avoir été surtout soucieuse de faire passer un message pro féministe, les baronnes est une fiction militante. Nos trois héroïnes sont plutôt malheureuses en ménage (Claire est une « femme battue », Ruby est méprisée par son mari et sa belle mère…), leur accomplissement professionnel les fera sortir de l’ornière. Même l’épouse d’un parrain italien établi à Brooklyn les félicitera pour leur engagement criminel et leur réussite dans ce domaine.

Invraisemblance(s)

On peut raisonnablement considérer que Les baronnes est excessivement romancé. Lorsqu’elles décident de « monter leurs business », Kathy, Ruby et Claire vont se faire facilement une place au soleil éliminant toute résistance masculine sans trop de difficultés. Claire trouvera même un allié – et un nouvel amant- en la personne de son cousin Gabriel (Domhnall Gleeson), un criminel endurci, avec qui elle va filer le parfait amour….comme quoi les clichés sur les mariages entre cousins en Irlande, ce ne sont pas que des légendes urbaines.

Par la suite, Claire se montrera capable d’assassiner ou de découper un cadavre dans une baignoire sans trop de difficultés.

Confrontées à un parrain italien de Brooklyn qui les prendra sous son aile, les trois femmes pourront également contre toute attente continuer à faire prospérer leurs affaires.

Au final, Les Baronnes est moyennement convaincant. On compte pas mal de bavardages et d’états d’âmes au détriment des scènes d’action. Le message politique gomme l’aspect thriller jamais bien passionnant. Je n’ai pas trouvé les trois héroïnes attachantes. Construit sur un format court de 100 minutes, le film donne l’impression de survoler son sujet. C’est d’autant plus dommage dans un New York des années soixante dix traditionnellement cinégénique qui aurait pu être plus inspirant…

Dans le même registre, Les Veuves de Steve McQueen est plus abouti sur le plan du thriller et moins politisé.

Dagrey.

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