Critique : La couleur du mensonge (2003)

La couleur du mensonge est un thriller américain réalisé par Robert Benton.

Accusé d’avoir tenu des propos racistes envers deux étudiants, Coleman Silk, brillant professeur de lettres, démissionne brutalement de son université. Déterminé à mener une guerre contre le « politiquement correct », il décide d’approcher un écrivain de talent, à même de raconter son histoire.

Alors qu’une solide amitié se tisse rapidement entre les deux hommes, Coleman fait la rencontre d’une jeune employée de son ancienne faculté. Tourmentée et sulfureuse, cette relation passionnelle va faire chavirer ses certitudes et son existence. De profonds secrets refont alors surface. Confesser la vérité aurait pourtant changé le cours de sa vie…


Seul face à son passé.. et son avenir ?

D’entrée, Robert Benton réchauffent les codes standards du thriller. Une ouverture mystérieuse et la musique intrigante de Rachel Portman nous montrent que le réalisateur ne fera pas dans l’originalité.

Le rythme est assez lent et on retrouve l’aspect intimiste si indissociable du réalisateur. Il ne se passe pas grand chose durant le premier quart d’heure, mais on s’accroche à Coleman (Anthony Hopkins) qui tourne l’une des dernières pages de sa vie…

Un casting solide et efficace !

Comme à son habitude, Robert Benton dirige une distribution qui a du charme et de la gueule. Tout d’abord, Anthony Hopkins est remarquable et impose toute sa subtilité dans l’approche de son personnage. Sa partenaire, Nicole Kidman est tout aussi performante. Leur duo fonctionne à merveille.

En seconds couteaux, Ed Harris et Gary Sinise se montrent convaincants. Même si il n’apparait que quelques secondes, Harry Lennix en impose et son personnage aurait mérité plus de présence à l’écran.

Et au final, ça donne quoi la couleur du mensonge ?

Une fois que le générique de fin se pose, on s’interroge sur les ambitions réelles de cette adaptation. Le réalisateur enclenche des mystères, qu’il désamorce trop vite. Robert Benton n’était pas la personne adéquate pour adapter à l’écran le roman de Philip Roth. Il manque une maitrise du thriller et surtout une vision à la fois respectueuse et originale de l’œuvre.

La mise en scène n’est pas avare en longueurs, ce qui affecte l’atmosphère et le propos du film. D’ailleurs, le réalisateur avait déjà entretenue ce soucis sur LHeure magique avec Paul Newman. Ça manque de finesse sur des rouages clés du scénario, notamment le secret de Coleman ou ou encore sa relation passionnelle avec Faunia. Bref, ça manque de crédibilité et de punch.

Au niveau du scénario, il est difficile de ne pas blâmer Nicholas Meyer qui piétine entre les personnages sans alimenter un minimum le suspens autour de Coleman, Faunia et Lester. C’est de toute évidence que c’est là qu’est le problème majeur du long métrage. Les thématiques abordées et les dilemmes exposés sont pourtant intéressants. Il est dommage également que les acteurs ne bénéficient de dialogues en adéquation avec leur savoir-faire. Tout comme le réalisateur, le scénariste ne fait pas preuve d’originalité pour cette adaptation.

Et pour finir, la musique de Rachel Portman apporte un semblant de mystère autour des personnages, mais rien d’inoubliable.

En résumé, La couleur du mensonge ne nous fait pas vibrer, contrairement au roman. Une adaptation ratée, malgré un casting impeccable.

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