Critique : Le Secret (1974)

Le secret est un film dramatique français coécrit et réalisé par Robert Enrico.

David s’évade d’un lieu de détention secret, où apparemment on pratique la torture. En fuite en plein hiver, il arrive en Ardèche, pour se cacher dans une bergerie abandonnée. Thomas et Julia forment un couple un peu marginal, vivant dans un manoir en restauration. Ils décident de l’héberger quelques jours. Le comportement de David, inquiet et taciturne, les trouble. David confirme qu’il est recherché, dit détenir des secrets, être menacé de mort, ainsi que ceux qui l’aideront. Thomas, qui veut venir en aide à cet homme en fuite, et Julia, attirée par le mystère et la beauté de David, lui proposent de le faire passer en Espagne…


Who are you ?

Robert Enrico installe d’entrée le genre et son propos. L’évasion d’un personnage mystérieux au profil instable et dangereux. L’homme est à la dérive et cherche à quitter le pays le plus vite possible. Le suspens est immédiat, et les suppositions commencent à naître dans notre tête…

La mise en scène de Robert Enrico est en adéquation avec le côté cavale, et il ressort une atmosphère sombre et imprévisible. Les petits flashbacks viennent efficacement appuyer l’aspect énigmatique du personnage principal et de sa situation.

Un triangle solide !

Robert Enrico a dirigé bon nombre de grands acteurs et grandes actrices. Pour Le secret, il a misé sur un magnifique trio. Nous avons tout d’abord, Jean-Louis Trintignant qui interprète le fameux évadé mystérieux. Son interprétation est convaincante et amène son lot d’interrogations son sur son personnage glacial.

A ses côtés, Philippe Noiret est impeccable en marginal qui demande un peu de piment dans sa vie. Marlène Jobert ne bénéficie pas d’un rôle valorisant son talent et son charme. Toutefois, elle dégage une certaine sensibilité.

Et au final, ça donne quoi Le Secret ?

On a connu Robert Enrico mieux inspiré, notamment pour Le Vieux Fusil et Les Grandes Gueules. Avec Le Secret, il tient un sujet intéressant mais son approche reste convenue et peu emballante. On s’accroche principalement au casting, qui est la grande force de ce film.

La scénographie brille à de rares moments, tant Robert Enrico ne semble pas totalement à l’aise avec le propos. Le rythme est inégal et amène à trop de longueurs. Les décors ont du charme, mais ils sont quelque peu sous-utilisés. Le château de Craux affichait l’endroit parfait pour intensifier le trouble concernant David face à Thomas et Julia.

Au niveau de l’écriture, on retient l’approche psychologique du propos. La base de l’intrigue prétend à quelque chose de plus abouti, de plus engagé. Robert Enrico ne mise pas assez sur l’ambiguïté de la situation, bien au contraire. Pourtant, les premières minutes affichent cette ambition de dérouté le spectateur. Globalement, les personnages sont crédibles, mis à part certaines facilités dans les réactions et les émotions.

La bande originale d’Ennio Morricone reste anecdotique. Le compositeur italien signe un score porté sur des sonorités dramatiques, ce qui oriente malheureusement l’atmosphère du film et son propos.

En résumé, Le Secret n’entretient pas ses promesses et reste un film mineur de la filmographie de Robert Enrico.

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