Après Séance : Océan

Océan est une série documentaire français de Océan.

En 2018, celle qui est connue sous le nom d’Océanerosemarie, en tant qu’auteure et réalisatrice de one-woman shows, décide d’effectuer sa transition de femme à homme et, avec l’aide d’hormones et de chirurgie, de devenir un homme transgenre. Se présentant, dès lors, comme Océan, l’artiste accompagne cette transformation en réalisant une série documentaire en forme de journal et d’autoportrait, sur France TV Slash ; concentrée en un long-métrage d’un peu moins de deux heures, cette série devient « Océan ».

En dix chapitres, Océan retrace, sur une année, le combat qui fut le sien pour devenir un homme. Combat à mener sur le front médical : le spectateur n’ignore plus rien de la complexité des injections intramusculaires de testostérone, de l’opération mammaire visant à résorber les seins, de l’évolution de la voix, parlée et chantée, provoquée par les hormones, de l’entraînement intensif qui doit être administré au corps afin de modifier sa musculature et donc sa silhouette. Un silence, toutefois : hormis une séance, présentée sur le mode comique, d’essayage d’une verge postiche avec appréciation de sa visibilité sous le pantalon, un voile pudique reste hermétiquement jeté sur le destin de la zone génitale…

Moins de pudeur dans le domaine affectif : la présence des amies et amis est abondamment illustrée, leur secours technique apporté pour les piqûres, l’apprentissage du rasage ; leur soutien affectueux, moral, leurs conseils… La mère de l’artiste est aussi fréquemment filmée, aux différentes étapes de la transition ; ses résistances, acceptations, approbations sont questionnées en profondeur. Les liens amoureux occupent également une place importante, d’abord avec une Québécoise qui ne résistera pas à l’éloignement géographique, puis avec une charmante compagne parisienne, qui semble concrétiser tous les rêves de bonheur…

Tout l’intérêt et toute l’audace d’« Océan » résident davantage dans sa nature de témoignage de vie que dans son statut d’objet filmique. Ceci posé, ce documentaire autobiographique manifeste hautement que des tempêtes peuvent valoir la peine d’être traversées pour accéder à la plénitude calme de la félicité… Et il laisse intactes, voire il enrichit et complexifie encore, les inextricables questions du genre, du désir et de la sexualité.

Anne Schneider.

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