Critique : Permis de Tuer (1989)

Permis de Tuer (Licence to Kill) est un film britannique réalisé par John Glen.

Il s’agit du 16éme opus de la série des films de James Bond produite par EON Productions. Timothy Dalton y incarne James Bond pour la deuxième et dernière fois.

James Bond est en permission aux Bahamas pour le mariage de son ami Felix Leiter. Mais en chemin pour la cérémonie les nouveaux employeurs de Félix, la D.E.A, lui signalent que le trafiquant de drogue Sanchez est également aux U.S.A. James assiste en spectateur à son arrestation (oui mon œil, sauter d’un hélico pour attacher un filin à un avion c’est être simple spectateur ?).

Après une impressionnante cascade sur un avion, Sanchez est capturé mais sachant que cette situation ne sera que temporaire, il propose la récompense de 2 millions à celui qui le libera. Une fois libre, Sanchez rend visite aux jeunes mariés assassine la femme de Leiter et capture Felix pour le donner en pâture aux requins.

Bond trouve le corps de la femme et aide son ami mais il est épris de vengeance, abandonne ses obligations, donne sa démission à M, ce dernier lui retire donc son Permis de tuer. Il part à la poursuite de Sanchez à Isthmus City en compagnie de Pam Bouvier une ravissante agent de la C.I.A qui lui prêtera mains forte.


En route pour l’un des meilleurs 007 ?

« Il est sans limite, il est seul et cette fois c’est personnel ». Ça c ‘est de l’accroche, un Bond vengeur et meurtrier sans le MI-6 derrière lui pour le contrôler ? Parfait, surtout que c’est toujours Dalton qui tient le rôle que demander de mieux ?

Largement moins survolté que le pré-générique de The Living Daylights, celui de notre film est loin d’être mauvais pour autant. Glen utilise à la perfection les paysages de Floride (et oui les Bahamas c’est que pour la fiction, la magie du cinéma…) et fait une excellente entrée en matière pour présenter les protagonistes de l’histoire.

Pour la B.O c’est un petit nouveau dans la saga qui s’y colle : Michael Kamen compositeur des Die Hard, d’Highlander, de L’Arme Fatale. Il compose une B.O dans la pure tradition des Bond mais aussi très proche de ses orchestrations habituelles. Son Bond Thème : Licence Revoked est un morceau impressionnant de 9 minutes présent dès les premières scènes du film avec des sonorités jazzy que Kamen a pris soin de rajouter au thème.

Voulant surfer sur la mode des chanteuses afro-américaines, les producteurs demandent à Gladys Knight de composer la chanson titre du film. Licence to Kill resta plusieurs semaines en tête des charts US et aura même plus de succès que le film !

PLus bond que jamais !

Timothy Dalton est de retour pour la deuxième fois et cette fois le scénario lui permet enfin d’interpréter sa vision de Bond à fond. Ici il passe de la froideur meurtrière à la tristesse la plus profonde pour au final créer un personnage complètement inattendu et surprenant.

Robert Davi est un méchant jubilatoire il joue l’antithèse total de Bond et est à lui tout seul le génie du mal et le « requin » du film, c’est-à-dire le gros balèze charismatique chargé de filer les raclés à James Bond. Sanchez est un vrai méchant de film d’action des années 80 cruel et fascinant à la fois.

Carey Lowell la principale Bond Girl esquisse ce que deviendront les Bond Girl des années 90, des femmes fortes, qui ne se laisse pas faire et qui prennent la situation en mains.

Fini les préliminaires !

Permis de Tuer est le James Bond le plus détesté de toute la saga, et pour des raisons qui sont ironiquement indépendantes du film en lui-même. Il s’agit du premier film PG-13 de la saga aux Etats-Unis car trop violent, on est loin du divertissement familial des anciens volets.

En plus il est sorti au pire moment, souvenez-vous (enfin ceux qui peuvent) à l’été 89 sortait en même temps : Batman et surtout l’Arme Fatale 2 avant que Indiana Jones 3 viennent finir d’enfoncer le clou. Le film n’avait aucune chance. Et pour finir les soucis judiciaires autour de la licence ont terminés d’enterrer la saga jusqu’en 1995 ce que les grincheux ont immédiatement imputé à Dalton : « il n’y a plus de James Bond car Dalton l’a tué »

C’est bien évidement totalement faux ! Licence to Kill est unique en son genre. La tentative ultime de se rapprocher du Bond originel et de donner une dimension quasi Shakespearienne au personnage. Rongé par ses démons Bond n’est ici plus qu’un être humain impuissant mais tout de même plein de ressources et c’est pour une fois auprès des autres (en la personne de Q et de Pam Bouvier) que Bond trouvera de l’aide plutôt que l’inverse.

Pour son ultime Bond, Glen change encore une fois de style, plus sombre et beaucoup plus posé que dans The Living Daylights, le réalisateur prend le temps pour expliquer les choses et les personnages, les enjeux étant ici plus complexes que d’habitude. La mise en scène se réveille sur les scènes d’action, retrouvant le dynamisme du précèdent film , mention spéciale au final avec les camions citernes qui reste aujourd’hui encore la scène la plus emblématique du film.

En résumé, Permis de Tuer est une excellente conclusion à la première ère des James Bond. Mix des classiques de la saga, des pontifes du cinéma des années 80 et amorce du cinéma 90’s. Il reste un grand film qui ne plaira pas à tout le monde y compris aux fans de la série tellement l’exercice était périlleux mais réussi. Et n’oubliez pas : « James Bond will Return ! »

Yann R.

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