Critique : The Mandalorian (2019)

The Mandalorian est une série télévisée en live-action créée par Jon Favreau dans l’univers de la saga Star Wars.

Après les aventures de Jango et Boba Fett, un nouveau héros émerge dans l’univers Star Wars. L’intrigue, située entre la chute de l’Empire et l’émergence du Premier Ordre, suit les voyages d’un chasseur de primes solitaire dans les contrées les plus éloignées de la Galaxie, loin de l’autorité de la Nouvelle République.


Pour les petits jawas qui auraient trainés en route, sachez que la firme aux grandes oreilles a fermement l’intention de concurrencer Netflix et Amazon sur le domaine du streaming vidéo. Pour cela, la plateforme Disney + a été lancée aux États-Unis, au Canada et aux Pays-Bas le 12 novembre 2019. Et pour l’ouverture (et comme premier appât), Disney a choisi de miser sur la série The Mandalorian. La plateforme américaine enregistre plus de 10 millions d’abonnés en seulement 24 heures de mise en service.


Tout doucement…

Les premiers épisodes reflètent plusieurs choses intéressantes et dommageables. La production se veut ambitieuse, mais pas trop quand même. Le budget de cette première saison est évalué à près de 100 millions de dollars. Pourtant au fil des épisodes, on se demande où est passé tout se pognon ?! Ce n’est certainement pas dans le scénario, tant Jon Favreau reprends à petits pas la recette de la franchise. On peut y voir de la tranquillité pour ne pas se perdre dans l’univers de Star Wars, ou tout simplement une non-maitrise du matériau. C’est peut-être un peu deux, car le scénariste amène des petits ingrédients originaux pour ensuite légèrement les noyer dans le déjà-vu. Est-ce peut-être la bonne recette de l’équilibre ? Pourquoi pas, mais cela amène à plusieurs carences à la série. Le rythme ne décolle pas assez, la direction artistique reste trop proche de ce que l’on a pu voir dans la trilogie de départ. Le potentiel est là, ça crève les yeux, mais on creuse au ralenti.

The Mandalorian est un gros test pour Disney et sa plateforme streaming. Il faut à là fois attirer, sans rebuter. Et c’est exactemment ce que l’on constate avec la quasi totalité de la saison. On mise avant tout sur un visuel familier en priorité, on contemple et on évite de trop parler pour éviter de casser la phase de séduction. Les épisodes sont très courts, surtout si l’on retire les flashbacks.

Jon Favreau n’est pas réputé pour être un pro showrunner, contrairement à Damon Lindelof (Lost, Watchmen), Terence Winter (Les Sopranos, Boardwalk Empire) ou Sam Esmail (Mr Robot). Il y a un tout me direz-vous, sauf que Jon Favreau est avant-tout un « yes man » made in Disney. Un bon petit soldat qui exécute sans broncher.

Au niveau des personnages, la galerie est plutôt bonne. Le Mandalorian est suffisamment charismatique pour s’y attacher. Son développement reste assez faiblard, notamment dans sa quête identitaire et son caractère. Jon Favreau construit un personnage peu complexe et qui ne bouscule rien. Pourtant, le côté chasseur de primes affiche un véritable potentiel. Il aurait été intéressant de voir un personnage dans la lignée de Jack Sparrow et Sherlock Holmes. Un drôle de mélange me diriez-vous, mais ça aurait été plus attrayant non ?

Dans son interprétation, il est difficile d’avoir un véritable avis sur Pedro Pascal. Il porte bien le costume et sa voix colle assez bien à ce type de protagoniste. Cela dit, on perçoit tout de même les émotions malgré le casque, comme pour un certain Dark Vador.

Gina Carano se révèle plus que convaincante en renégate de l’Empire. Carl Weathers impose tout son savoir-faire pour donner corps et profondeur à son personnage. Werner Herzog méritait une trajectoire plus longue et toute aussi mystérieuse. Et enfin, Nick Nolte apporte sa gouaille pour rendre attachant Kuiil, un ancien esclave de l’Empire.

Le développement de personnage le plus pertinent, dans cette première saison, est très certainement le droïde IG-11 doublé par Taika Waititi. Et ce n’est pas un hasard si le meilleur épisode est réalisé par celui-ci.

Le mystère autour de l’enfant reste le noyau central du scénario. C’est quelque part une qualité et une faiblesse. La deuxième saison aura du pain sur la planche concernant le développement de ce personnage, tout en explorant d’autres thématiques et en exploitant pleinement le potentiel Star Wars.

…Mais assurément !

Malgré ses petits enjeux et son côté réchauffé, The Mandalorian arrive à nous convaincre sur les trois derniers épisodes. Est-ce un peu tard ? Non, si la série prend définitivement son envol en le prouvant par la suite. Sur la plupart des épisodes, la mise en scène se montre trop académique, alors que le format série a bien évolué avec des séries comme Mindhunter, Game of Thrones ou encore Peaky Blinders. On s’attendait à une scénographie plus audacieuse, et heureusement, on en a un petit aperçu sur les derniers épisodes.

Les codes du western et du film de guerre sont omniprésents et sont plutôt bien articulés. L’esthétique et l’atmosphère de la série sont les premiers facteurs de séduction pour les fans. On peut espérer un peu plus d’audace dans la deuxième saison.

La bande originale de Ludwig Göransson est très certainement l’une des grandes satisfactions de la série. Le compositeur suédois s’appuie très légèrement sur ce qui a été fait par le passé les films, pour décoller ensuite avec sa propre identité sonore. Le score a énormément d’importance dans la représentation des émotions concernant Mando.

Il est dit que George Lucas a été présent lors de quelques séances de tournage, c’est peut-être pour ça que l’on ressent plusieurs saveurs de la première trilogie.

En résumé, The Mandalorian (saison 1) reflète une certaine prudence de la part de Disney. Cela est compréhensible compte-tenu des échecs récents des films. Cependant, la série parvient à nous séduire d’épisode en épisode. Jon Favreau va devoir passer la deuxième sur la prochaine saison, qui révèlera réellement les ambitions des producteurs. La mise en bouche est correcte, mais ne reflète pas une vraie grande saison. On reste attentif à ce qui se passera par la suite dans ce voyage…

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