Critique : Tuer n’est pas jouer (1987)

Tuer n’est pas jouer (The Living Daylightsen) est un film Britannique de John Glen sorti en 1987. C’est le 15éme opus de la série des films de James Bond produite EON Productions. Timothy Dalton y incarne James Bond pour la première fois.

James Bond est en opération spécial à Gibraltar avec d’autres agents double 0, mais l’exercice tourne mal après le meurtre d’un des agents de sa majesté quasiment sous les yeux de 007. L’assassin trouve la mort en ne laissant qu’un seul indice l’inscription « SmiertSpionom » (Mort aux espions) un ancien programme du KGB pour éliminer les espions de l’Ouest.

James Bond se rend donc à Bratislava pour exfiltrer l’agent double GyorgyKoskov, qui accuse le Général Puskin le nouveau ministre de la défense soviétique d’avoir activé « SmiertSpionom » et de s’en prendre aux gouvernements de l‘Ouest. Mais Koskov ne joue pas franc jeu avec l’Angleterre et est mystérieusement enlevé au milieu d’un des QG extérieur du MI-6. Bond retourne donc à Bratislava pour rencontrer Kara Milovi une violoncelliste très proche de Koskov.

Ensemble ils parcourront Tanger et l’Afghanistan pour démêler ce qui se révèlera être une sombre affaire de trafic d’armes entre Koskov et un revendeur d’arme américain mégalomane : Whitaker.« SmiertSpionom » était un leurre et Puskin un bouc émissaire !


Il s’agit de l’adaptation cinématographique de la nouvelle Bons baisers de Berlin (The Living Daylights) de Ian Fleming, extraite du recueil Meilleurs vœux de la Jamaïque, paru en 1966. Le film ne reprend principalement que le titre original de la nouvelle et la scène post-générique.

The Living Daylights va être le dernier film de James Bond pour près de deux décennies à reprendre un titre original de Ian Fleming.


Un nouveau souffle…

The Living Daylights est le premier James Bond de Dalton, plus fort, plus violent et plus dangereux que Moore nous promettait les affiches et bien c’est réussi. Ce film constitue un changement majeur (et salutaire) pour James Bond. Et Timothy Dalton est un Bond parfait : classe, plus proche des personnages de son époque (la génération sida est passé par là, James Bond devient monogame) et surtout tellement plus proche des écrits de Fleming.

Les pré-génériques des Bond sont toujours des scènes soignées et prenantes. Et bien là on peut dire que John Glen a fait un super boulot. Déjà pour le cadre choisir Gibraltar, c’est inédit et surtout propice à des plans magnifiques du rocher, des singes et pour créer la première scène d’action du film que Dalton a en parti réalisé sans cascadeur.

Une poursuite sur le toit d’un camion menée tambour battant par les plans de camera habilement choisis et surtout par la B.O de John Barry, sa dernière pour la saga, où il prend le risque d’ajouter à ses thèmes symphonique caractéristiques, des notes de synthétiseur. Il disait lui-même « Chaque nouveau Bond doit avoir son propre son. »

Cela donne un James Bond thème survitaminé dès les premières minutes et une sublime entrée en matière pour le petit nouveau ! A l’image du générique, qui dans la même logique, que pour le précédent film avec Duran Duran, fait appel à un groupe très à la mode à l’époque : A-ha.

Pour du sang neuf !

Déjà Timothy Dalton, il est électrisant, carrément convaincant dans le rôle et surtout il fait ses cascades lui-même ! On est loin du Roger Moore vieillissant des précédents films.

Jeroen Krabbé en Koskov est juste parfait (et dire qu’en VF c’est Feodor Atkins la voix officiel de Hugh Laurie). Il constitue l’élément comique du film pour que le tout ne sombre pas dans la noirceur totale. Il joue un personnage cabotineur juste comme il faut.

Et enfin Maryam d’Abo qui n’a pas connu une très grande carrière (comme la plupart des Bond Girl d’ailleurs) mais qui ici joue le rôle de la bonne manière. Avec de la personnalité et sans être effacée comme avait pu l’être les fiancés de Moore.

Plus sérieux, plus authentique, plus convaincant !

Le pari de remplacer Roger Moore après 7 films était risqué et changer la personnalité de Bond était dangereux. Et dangereux justement c’est ce que Dalton est, à chaque plan il inspire une certaine crainte de par sa présence mais il sait également être tendre dans les moments où cela s’impose. Exit le Bond super héros et bonjour le Bond réaliste et humain.

Scénaristiquement, Tuer n’est pas Jouer est le dernier film de la saga (avant Casino Royale) s’inspirant directement d’un livre de Fleming. Dont il ne reprend au final qu’une seule scène : le duel de sniper à Bratislava après le générique. L’histoire est plus directe et reflète l’actualité ce qui pour James Bond est assez rare pour être souligné. Seul regret Whitaker est un méchant assez terne et peu intéressant.

Coté réalisation, John Glen en est à son 4eme Bond d’affilée et change du tout au tout sa mise en scène. Jusqu’à la, cette dernière était certes dynamique mais plus posée. Ici à l’image du nouvel interprète tout s’accélère, les plans se succèdent à un rythme soutenu et on ne voit pas les deux heures passer.

On lit tout de même ici et là que Dalton et en particulier ses Bond sont les pires de la série, ce qui se révèle après visionnage totalement faux, Dalton n’a de tort que de succéder à Moore pour les fans boy hardcore et à l’époque c’est ce qui couta le plus au film et surtout au suivant.

En résumé, Tuer n’est pas jouer est un James Bond à part dans la saga, plus incisif, plus en phase avec son époque et avec un personnage principal plus humain et réaliste assez proche au final de la performance de Daniel Craig dans le rôle.

Yann R.

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