Critique : La 25ème heure (2002)

La 25ème heure est un drame psychologique américain réalisé par Spike Lee.

Dernière soirée de fête en toute liberté pour Monty qui fut autrefois le roi de Manhattan ou plutôt le roi du trafic de drogue. Adieu donc à une vie de plaisir qui l’avait aussi coupé de ses proches. Il est maintenant temps de franchir les portes du pénitencier d’Otisville pour une durée de sept ans. C’est son oncle mafieux russe, Nikolai, qui organise pour l’occasion sa dernière soirée dans une boîte de nuit.


La 25ème Heure est tiré du premier roman de David Benioff, publié en 2001, et en France sous le titre 24 heures avant la nuit. Avant même sa parution, les droits du roman avaient été achetés par Tobey Maguire et la société de production Industry Entertainment.

Spike Lee est séduit par le roman, il contacte immédiatement Tobey Maguire pour l’adapter au cinéma. Ce dernier accepte et se partage tous les deux la production. Cependant, le réalisateur américain tient à réactualiser le scénario en incluant les les attentats du 11 septembre 2001.


« Si tu veux un ami, achète un chien. »

Les premiers instants du long métrage sont capitaux dans la réflexion du spectateur. La séquence de la rencontre inattendue entre Monty (Edward Norton) et un chien torturé, est clairement le rouage principal de l’intrigue.

Le générique est porté par des images de la ville de New-York et surtout la magnifique musique de Terence Blanchard. En à peine cinq minutes, on est totalement emporté alors que l’on a pas vu grand chose. La musique et la scène d’ouverture suffisent déjà à nous conquérir, tant il y a d’émotions dans cette communion entre les images et le thème musical.

Spike Lee nous présente ensuite les différents protagonistes principaux, chacun dans son environnement. Dans le premier quart d’heure, c’est Monty qui apparait le plus à l’écran, et pourtant c’est celui qui véhicule plus de mystère, plus de souffrance aussi.

Quatuor de choc !

Quel casting ! En tête, nous avons un très grand Edward Norton. L’acteur trouve un rôle sur mesure, qui rappelle par moments celui de Derek Vinyard dans American History X. Il livre une interprétation remarquable, tout simplement.

A ses côtés, Rosario Dawson est rayonnante et forme un couple sublime avec son partenaire. Philip Seymour Hoffman et Barry Pepper sont impeccables.

A eux quatre, ils forment un bloc que l’on prend en pleine face. Du talent, de l’inspiration et de l’intelligence transpirent de ce quatuor. Il faut également souligner la présence discrète, mais importante de Brian Cox.

Spike Lee entretient un équilibre scénaristique et dans sa mise en scène, pour que chacun de ses acteurs exprime leur savoir-faire.

Et au final, ça donne quoi La 25éme Heure ?

Un uppercut ! Spike Lee se montre particulièrement inspiré par l’œuvre de  David Benioff, comme en témoigne son approche douce, amère et acide. A travers les différents étages de la société new-yorkaise, le cinéaste américain nous offre un long métrage percutant et bouleversant.

Sa mise en scène est à la fois sobre et malicieuse. Spike Lee reste fidèle à lui-même, un cadre intimiste qui entrave peu à peu ses protagonistes, tout en laissant quelques petites ouvertures vers d’autres horizons. Sa griffe est omniprésente, que ce soit dans le montage, les transitions, les ralentis ou encore l’utilisation de la musique. Son travail est très proche de celui qu’il avait réalisé pour « He got game« .

De plus, il participe discrètement à l’adaptation scénaristique avec David Benioff. L’alliance fonctionne à merveille, notamment sur le traitement des personnages et la société américaine post-11 septembre 2001. Une immersion au cœur de New-York, à travers une histoire dramatique où le destin d’un homme va chambouler plusieurs vies. Spike Lee articule le tout au tour de plusieurs interrogations sur la société, son présent et son avenir. Certes, il y a quelques traits caricaturaux, mais c’est pour mieux servir le propos et le rendre ainsi plus incisif.

La bande originale de Terence Blanchard participe activement à l’atmosphère grisonnante et bouleversante du film. Le compositeur américain signe l’un de ses plus beaux scores.

En résumé, La 25ème Heure nous choppe par le bras en nous laisse constater ce qui a de beau et moche chez l’humain. Sa nature et ses choix sont remis en cause, tout comme nous. Spike Lee signe son meilleur film des années 2000.

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