Critique : Gorilles dans la brume (1988)

Gorilles dans la brume est film dramatique et semi-biographique américain réalisé par Michael Apted.

Évocation de la vie de Dian Fossey, une anthropologue qui consacra sa vie à l’étude et à la sauvegarde des gorilles. Elle a passé 18 ans seule dans les montagnes sauvages du Zaïre et du Rwanda. Craignant que les gorilles disparaissent si les humains continuent à les chasser, elle a organisé une ligue de défense pour protéger les animaux. Elle fut sauvagement assassinée le 26 décembre 1985.


Coup de projecteur !

Dian Fossey avait accepté que ses écrits autobiographiques alimentent une adaptation pour le cinéma. L’objectif principal était de dénoncer au grand public le braconnage en Afrique, et plus particulièrement sur les gorilles du Rwanda. Le producteur Arne Glimcher montre son intérêt et son admiration pour  la scientifique et planifie une rencontre avec pour janvier 1988. Malheureusement, la scientifique est retrouvée assassinée dans sa hutte dans les montagnes des Virunga, le 27 décembre 1985.

Cette tragédie ne freine pas les intentions du producteur, qui souhaite à la fois rendre hommage à Dian Fossey et épouser son combat à travers un film biographique. Sigourney Weaver accepte sans détour le rôle de la zoologiste et ira même jusqu’à adhéré au Dian Fossey Gorilla Fund, l’organisme de protection des gorilles.

La réalisation est confiée à Michael Apted, qui n’est pas novice en matière de biopic (Nell, Nashwille Lady). La production veut alliée dramaturgie, authenticité et engagement.


Curiosité, passion et combat !

D’entrée, Michael Apted et Sigourney Weaver montrent qu’ils ont parfaitement compris le caractère de Dian Fossey et sa passion pour les gorilles vivant dans les montagnes sauvages du Rwanda. La sobriété de la mise en scène se révèle efficace au fur et à mesure que l’on découvre l’environnement des gorilles et à travers la conviction de d’actrice dans son interprétation.

On sent clairement la volonté d’être au plus près de la vérité, ainsi que le savoir-faire du réalisateur pour conter les histoires (vraies). Son travail est loin d’avoir pris la poussière, bien au contraire. Il articule sa scénographie autour du point de vue de Dian Fossey, cela renforce l’attachement pour le personnage et son combat. Cependant, ce parti pris entraine quelques zones d’ombres, comme le contexte politique et social du Rwanda à cette époque. Cela aurait hautement renforcé le propos et la complexité de la cause défendue par la zoologiste.

Le long métrage tire sa réussite sur le travail du réalisateur, mais c’est surtout la composition de Sigourney Weaver qui est magnifique. L’actrice est consciente d’incarner l’un de ses plus beaux rôles, et son interprétation est le plus bel hommage qu’elle ait pu faire à Dian Fossey. Le cocktail émotionnel qui émane de son travail est époustouflant. On y croit du début à la fin.

A ses côtés, Bryan Brown se montre à la fois charmant et convaincant. L’acteur australien connait la plus belle année de sa carrière, puisqu’il a enchainé ensuite Cocktail avec Tom Cruise. Il est parfait exemple de l’acteur intéressant qui n’a pas obtenu d’autres grands rôles, afin d’être plus reconnu aux yeux du grand public et de la profession.

Le reste de la distribution est un peu faiblard. Globalement, le job est rempli mais ça manque de conviction chez certains interprètes.

Malgré quelques passages romancés et plus de trente années d’existence, Gorilles dans la brume n’a rien perdu de sa force. Michael Apted signe un grand et beau biopic, dont le sujet est (malheureusement) toujours d’actualité.

La mise en scène est intimiste, au plus près de son actrice au milieu de la jungle. On retrouve la patte du documentaliste à plusieurs reprises, notamment lors des échanges entre les gorilles et Sigourney Weaver. L’immersion et l’attachement sont instantanés, ce qui renforce l’aspect aventure du long métrage et les émotions.

Au niveau du script, les grandes lignes de l’histoire de Dian Fossey sont respectées. La scénariste et la production se sont permis quelques libertés, notamment son assassinat ou encore le fait que la zoologiste est mis une corde autour du coup d’un braconnier. Des choix forts et certainement discutables, mais cela renforce l’intensité autour de la lutte que menait Dian Fossey.

La musique de Maurice Jarre est tout simplement magnifique. Ses compositions s’accordent à merveille avec les sentiments du personnage central et également avec le continent africain. Comme à son habitude, il se montre particulièrement inspiré pour insuffler le suspens et le côté chimérique.

En résumé, Gorilles dans la brume est très certainement le meilleur film de Michael Apted. L’accord parfait entre le cinéma et l’histoire vraie de Dian Fossey. Magnifique !

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Je confirme, c’est un excellent film. Trente ans d’existence et pas une ride.

    J'aime

  2. Beel dit :

    L’année dernière, j’ai lu le livre du même nom de la collection de classiques du monde et, enfant, j’ai regardé un vieux film, et maintenant j’aimerais vraiment voir une nouvelle version de cette histoire instructive

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s