Après Séance : Le Prince Oublié

Le Prince Oublié est une comédie d’aventure française coécrite et réalisée par Michel Hazanavicius.

Ma meilleure surprise du week-end. Après avoir vu la bande-annonce du dernier film de Michel Hazanavicius, j’étais très partagée entre mon envie de voir un film sur le thème des relations père-fille au moment de l’adolescence et la peur de voir un film « pour enfants » avec gags lourds et monde imaginaire un peu trop coloré.

J’entre dans la salle de cinéma et je vois vraiment un public très varié. Pas de très jeunes enfants, ni d’ados. Le film commence par une scène inattendue pour moi (j’avoue que je m’attendais à voir le film commencer sur Omar Sy ou sur sa fille). Une famille composée de deux parents et deux enfants voyagent en voiture tout en lisant une histoire aux enfants. Ils arrivent à un garage avant la fin de ladite histoire. La maman ferme le livre, dit qu’on continuera l’histoire plus tard et donne les clés à un gardien de parking.

Le générique commence et l’on voit Omar Sy qui a récupéré les clés et qui ouvre et ferme la portière de la voiture tout en essayant d’imiter le grincement qu’elle fait à chaque manipulation. Est-ce un mécanicien ? Un carrossier pointilleux ? nous ne le saurons jamais mais, en fait, on s’en fiche.

Il rentre chez lui, s’occupe de sa fille dont la mère est décédée il y a longtemps et arrive enfin l’heure du coucher.

Djibi (Omar Sy) raconte une histoire à sa fille Sofia (8 ans) jouée par Keyla Fala. C’est forcément une histoire de princesse sauvée par un prince charmant. La princesse c’est Sofia et le prince son papa. IL y a, bien entendu, un méchant dans cette histoire. Il s’appelle Pritprout et est interprété par François Damiens. Le bruit de la portière de la voiture précédente est utilisé par Djibi pour créer le son d’une porte qui grince. Et oui, il a passé sa journée à préparer son histoire du soir jusque dans les mondres détails. Quand Sofia s’endort, à la fin de l’histoire, tous les personnages retournent dans leur loge, les techniciens et les personnages se congratulent. Puis une main abaisse une manette qui passe ce monde imaginaire de jour à nuit. Je suis intriguée par le parallèle que fait Michel Hazanavicius entre le monde imaginaire de Sofia et de Djibi. Ça me plaît, c’est une évidence mais jusqu’où cela mènera-t-il le film ?

J’avoue qu’à ce moment précis, je ne sais toujours pas vers quel genre de film je me dirige. Ce que je sais c’est que les décors sont bigarrés, que les images sont à la fois belles et drôles. Ce monde est bizarre. Probablement, nous acheminons nous vers ce que j’appelle un OCNI (Objet Cinématographique Non Identifié) et ça me réjouit. La musique de l’histoire ressemble à celle d’un film fantastique d’action.

Avant de parler de son interprétation, j’ai envie de m’arrêter sur le costume d’Omar Sy. C’est un subtil mélange entre l’image classique du prince charmant et plusieurs touches de modernité. Omar Sy n’a pas échappé au collant et au pourpoint à manches bouffantes. Une panoplie kitchissime agrémentée d’une fraise autour du cou au-dessous de laquelle on voit sortir des cordons de capuche et d’une étoile de champion de monde à même le pourpoint.

Le film est donc fait d’une alternance de scènes dans la vie réelle et de scènes dans ce monde onirique dans lequel devraient vivre heureux le prince et la princesse…… Cependant Djibi a oublié que les princesses grandissent et c’est le drame…. pour lui.

Sarah Gaye joue Sofia à 12 ans. Elle vient d’entrer en 6° et se met à refuser les histoires de son papa. A partir de ce moment le film, tout en multipliant les allers/retours entre le réel et l’imaginaire de Djibi prend une tournure bien différente.

On sent que ce film est réalisé et joué par des papas qui ont vécu ce moment où leur petite fille change. Le monde imaginaire change en parallèle du monde réel ou Sofia a fait la rencontre de Max (Néotis Ronzon), un camarade d’école qui lui plaît. Djibi constate, impuissant, que son règne est en train de s’achever. IL a le sentiment qu’il doit encore protéger sa princesse mais que celle-ci ne veut plus de ce soutien. Elle se sent grande, capable de prendre ses propres décisions et sa première décision est de ne plus écouter les histoires de son père pour s’endormir mais de créer les siennes. Djibi est désarçonné et passe par les différentes phases que traversent les papas quand ils doivent faire le deuil de leur gentille petite fille qui est en train de devenir une femme en passant par des phases pas très agréables afin de former leur futur caractère.

Omar Sy est totalement impliqué dans ce rôle et comme il le dit lui-même dans une interview : « J’avais envie de raconter ce moment de panique dans la vie d’un papa où notre petite fille commence à se dire qu’on n’est pas le seul être génial au monde. Moi je l’ai déjà vécu deux fois, et je le vivrai une troisième fois ».

Les deux actrices qui jouent Sofia son totalement parfaites pour leur premier rôle. Matias Ronzon également. On sent qu’il s’amuse beaucoup lors des scènes d’action.

François Damiens, le méchant Pritprout dans ce film, est hilarant. C’est un méchant digne d’un dessin animé c’est-à-dire plus bête que méchant, excellent faire-valoir pour le héros. Son talent n’est plus à prouver.

Bérénice Béjo joue, comme Djibri, Sofia et Max, un double rôle. Celui de la dame à la porte dans l’imagination de Djibi et la nouvelle voisine. La touche féminine nécessaire pour aider Djibi à mieux comprendre ce qui se passe dans la tête de sa fille. Elle conseille même Max une fois sur le comportement qu’il doit adopter face à Sofia à la suite d’une dispute. Son rôle est très important et elle le joue à la perfection. Elle est pétillante, charmante et également à la recherche d’un prince charmant dans la vie réelle. Le seul point négatif, pour moi, c’est l’évolution de sa relation avec Djibi qui me semble dommage. Elle soulève la question de savoir si un homme a forcément besoin d’une compagne pour se guérir de la coupure de sa relation privilégiée avec sa fille. Une amitié sincère ne serait-elle pas suffisante ?

Pour les autres personnages, je citerai pêle-mêle un octopluche, un lainéphant, un homme-aquarium du nom de Zac pour le monde imaginaire et l’affichage urbain qui commente l’action du film à différents moments.

J’allais oublier de vous dire que la musique de ce film a été composée par Howard Shore compositeur, entre autres, de la musique du Seigneur des Anneaux.

Je pense sincèrement qu’on est devant un grand film populaire destiné à toute la famille. Il est destiné, avant tout, aux papas qui ont des filles ou qui en auront et aux filles qui ont des papas donc globalement tout le monde ou presque. La présence d’Omar Sy, qui pour moi, est un des meilleurs acteurs français, y ajoute autant de gouaille que de tendresse et de pudeur par son jeu.

Quand on sort de ce film on a retrouvé son âme d’enfant tout en ayant pris conscience de la fragilité de nos pères qu’on a forcément malmené sans le savoir. Un bel hommage à la paternité fait de façon légère et tendre que je recommande chaudement.

Béatrice Lascourbas.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Beel dit :

    article coloré et informatif. Je veux vraiment continuer ce merveilleux film

    Aimé par 1 personne

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