Critique : K-Pax (2001)

K-Pax est un film dramatique germano-américain réalisé par Iain Softley.

Un jour, un homme surgit de nulle part dans la gare centrale de New York. L’air avenant, les yeux dissimulés derrière d’épaisses lunettes noires, cet inconnu prétend être originaire d’une planète lointaine : K-Pax. Sourire aux lèvres, il se laisse embarquer sans résistance par la police, qui le conduit à la clinique psychiatrique de Manhattan.


A la croisée des étoiles…

Prendre la main de prot ou celle du docteur Powell, tel est le choix qui s’offre au spectateur. Lors du premier visionnage, on se laisse facilement emporter par l’énigmatique habitant de K-Pax. Il faut dire que Kevin Spacey véhicule à merveille le mystère et l’intelligence. Son interprétation figure instantanément comme l’une des grandes forces du long métrage. Il fait office de guide, soit on part avec lui, soit on reste sur les pieds sur terre.

Le réalisateur manie efficacement le multi-genres pour nous offrir un labyrinthe psychologique assez original. On se demande constamment si il s’agit de la réalité, de l’imaginaire, de la folie…. Tout comme Powell, les interrogations trottent dans notre tête. D’ailleurs, le film tire sa réussite sur les échanges entre Powell et prot. Jeff Bridges et Kevin Spacey forment un excellent et savoureux duo. Il aurait été plus intéressant encore que le réalisateur insiste un peu plus sur la sensation de huis clos et les dialogues.

K-Pax se rapproche des comédies dramatiques américaines comme Dr Patch et L’éveil. On mise sur de grands acteurs pour diffuser le cocktail humour/tragédie, et le rendre ainsi le plus convaincant possible. Ici, cela fonctionne à merveille. En revanche, les personnages féminins sont faiblards et n’attirent pas forcément notre sympathie.

Au niveau de la mise en scène, Iain Softley et son chef opérateur, John Mathieson se sont principalement fixés sur les ombres et la lumière. Un procédé simple, mais au combien efficace pour illustrer le mystère et la fascination. Il en ressort une atmosphère en adéquation avec le propos, et surtout avec la personnalité de prot. Il faut également souligner la musique sublime d’Ed Shearmur, qui épouse parfaitement les images et les personnages.

A première vue, le scénario pourrait tenir dans un mouchoir de poche. Mais petit à petit, l’histoire se révèle assez originale et ambigüe. Elle prend son envol à travers les interprètes et les dialogues. Quand la simplicité rime avec l’efficacité. C’est peut-être comme ça que l’on peut résumer ce long métrage.

Lorsque l’on se penche plus précisément sur l’équipe du film, on se demande comment le réalisateur, le compositeur et le scénariste n’ont pas bénéficié de plus de lumière par la suite. K-Pax reste leur petit chef d’oeuvre à eux, à la croisée des chemins…

En résumé, K-Pax a mérité son rang de petit film culte et sous-estimé. Kevin Spacey est remarquable dans un rôle taillé sur mesure pour lui.


Anecdotes :

A l’origine, c’est Jonathan Demme (Philadelphia, Le Silence des agneaux) qui devait réaliser K-Pax. Pour le rôle de prot, le réalisateur américain avait choisi Will Smith.

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