Critique : Under Fire (1983)

Under Fire est un film dramatique américain réalisé par Roger Spottiswoode.

Au Nicaragua en 1979, le photographe Russel Price couvre la guerre civile opposant le président Somoza aux rebelles. Price et ses collègues Claire et Alex, suite à de malencontreux événements, doivent se cacher de l’armée…


C’est qui Roger Spottiswoode ?

Il n’est pas facile de mettre un visage sur ce réalisateur, qui s’est peu à peu éloigné des projecteurs hollywoodiens. Il faut dire qu’il fait partie des « Yes Man » qui ont signé de grands films et des navets. Pour mieux vous faire comprendre, Roger Spottiswood a réalisé « Randonnée pour un tueur » et « Arrête, ou ma mère va tirer ! ». Il a également été aux commandes de « Air America » avec Mel Gibson et Robert Downey Jr, ou encore « A l’aube du 6éme jour » avec Arnold Schwarzenneger. Il en résulte une carrière en dents de scie, alors que le réalisateur était considéré à ses débuts comme la relève de Sam Peckinpah et Alan J. Pakula. « Under Fire » est considéré comme l’une de ses rares réussites, et nous espérons que c’est réellement le cas.


Les pions sur l’échiquier du monde

Après le succès du film « Les Hommes du Président » d’Alan J. Pakula, les studios hollywoodiens ont commencé à produire quelques films portants sur le journalisme d’investigation. Under Fire emprunte les codes du thriller et du film de guerre. Une recette qui sera reprise par des cinéastes importants comme Oliver Stone et Roland Joffé.

Avec un budget évalué à 9,5 millions dollars, Under Fire se révèle très intéressant sur le fond, et assez puissant sur la forme. Les scénaristes entrecroisent efficacement la réalité et la fiction, ce qui rend à la fois le propos passionnant et assez audacieux. De son côté, Roger Spottiswood apparait inspiré par l’histoire, avec un intérêt particulier pour les personnages. Il faut dire que côté casting, il a été bien servi. Nick Nolte, Joanna Cassidy et Gene Hackman  forment un trio solide, sur lequel le réalisateur a pu facilement s’appuyer. En plus de cela, les seconds couteaux sont tout aussi importants, Jean-Louis Trintignant et Ed Harris sont très bons.

L’intrigue porte sur le pouvoir et la conscience journalistique en temps de guerre. Les manipulations gouvernementales sont exposées avec une certaine finesse, ce qui donne une véritable crédibilité au scénario. C’est pourquoi, le film n’a pas rencontré le succès aux États-Unis. Le point de vue des journalistes sert de point de mire sur les différentes manœuvres de l’ombre, celles qui déterminent le régime d’un pays. Les reporters sont alors en proie aux doutes et aux dilemmes. La remise en cause du métier de journaliste de guerre est l’une des grandes qualités du script. Le côté hollywoodien se fait sentir par le triangle amoureux et son montage assez nerveux.

Pour revenir à la mise en scène, Roger Spottiswood fait preuve d’un savoir-faire indéniable. Il compose une véritable immersion, étayée par les décors et l’énergie des interprètes. Il est difficile de comprendre pourquoi on ne lui a pas confié des projets de ce calibre par la suite (en dehors de « Randonnée pour un Tueur« ) ?!

Cerise sur le gâteau, on retrouve Jerry Goldsmith derrière la bande originale. Son score épouse la tension du film, à travers des sonorités sud-américaines. D’ailleurs, Quentin Tarantino reprendra une piste pour son film « Django Unchained« .

En résumé, Under Fire mérite le coup d’oeil car il figure comme œuvre audacieuse et précurseuse pour l’époque. Le meilleur film de Roger Spottiswood ? Peut-être bien…

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    Précurseur de la Déchirure de Joffé ou du Salvador de Stone, c’est vrai, mais peut être pas la seule réussite de Spottiswoode. Le monstre du train, c’était pas mal du tout.

    Aimé par 1 personne

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