Critique : MR 73 (2008)

MR 73 est un thriller français écrit et réalisé par Olivier Marchal.

Louis Schneider est policier au SRPJ de Marseille. Brisé par un drame personnel, cet excellent flic a trouvé refuge dans l’alcool. Il est aujourd’hui chargé de mener les investigations sur un tueur en série, mais un nouveau différend avec sa hiérarchie l’écarte de l’enquête officielle. Pendant ce temps, Justine, une jeune femme dont les parents ont été assassinés 25 ans plus tôt par Charles Subra, doit affronter les démons de son passé.


Le chapitre final d’une trilogie ?

Olivier Marchal considère que MR 73 comme un troisième volet d’un triptyque qui a commencé avec Gangsters, puis continué avec 36 Quai des orfèvres. Cette trilogie a la solitude comme thématique principale, que le cinéaste français estime comme une infection qui ronge la plupart des policiers. D’ailleurs, Olivier Marchal a déclaré que MR 73 était très certainement son film le plus personnel, et plus proche de ce qu’il a vécu lors de ses années de service à la PJ.


Terminus ! Tout le monde descend !

Olivier Marchal ne fait pas dans dentelle, il orchestre la descente aux enfers d’un homme, qui baigne dans l’alcool, la sueur et le sang. Il s’appuie sur des faits réels, et comme d’habitude, cela se ressent dans son écriture et sa scénographie. Malheureusement, il n’évite pas les poncifs et quelques facilités scénaristiques. La ville de Marseille est totalement sous-exploitée, et c’est vraiment dommage. Les personnages sont  trop caricaturaux, notamment Kovalski, interprété par Francis Renaud. Compte-tenu du potentiel de l’acteur, il y avait clairement la place pour nous proposer un personnage plus subtile et plus inquiétant.

Au niveau du protagoniste principal, notre avis est partagé. D’un côté, on a un flic brisé qui se dirige droit dans le mur. Le personnage est stéréotypé, mais l’interprétation solide de Daniel Auteuil lui donne du relief. Olivia Bonamy tient l’un des rôles les plus intéressants de sa carrière, et sa prestation fait parfaitement écho à celle de son partenaire. Catherine Marchal et Philippe Nahon sont également très bons.

Le script se montre pertinent lorsqu’il aborde la religion et les limites du système judiciaire. Le cinéaste français arrive à insuffler de l’authenticité, malgré les nombreux poncifs. Un équilibre très fragile entre la fiction et la réalité.

Concernant la mise en scène, Olivier Marchal se rapproche du polar/thriller à l’américaine, voir sud-coréen. Sa complicité avec le chef opérateur, Denis Rouden fait naître des images magnifiques. L’atmosphère est obscure et moite, un peu à la manière de David Fincher et Alain Corneau par moments. On y trouve une certaine maturité dans cette noirceur, ce qui cohérent au vu de la proximité personnelle avec certains aspects de l’intrigue et des personnages.

La musique de Bruno Coulais épouse efficacement le désespoir des personnages. Le compositeur français  mérite de se voir offrir des projets à l’échelle internationale.

En résumé, MR 73 n’est pas exempt de défauts, mais il scintille sur bien des aspects. Olivier Marchal se livre à cœur ouvert sur ce qu’il a pu voir et entendre. Puissant !

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    Pas très fan. Pourtant j’aime bien 36 et les Lyonnais, mais là trop de manières, trop de pathos. Maréchal veut faire du Michael Mann à la française, mais ça sent trop la contrefaçon.

    Aimé par 1 personne

    1. princecranoir dit :

      Marchal, pas Maréchal…

      Aimé par 1 personne

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