Critique : Crime d’amour (2009)

Crime d’amour est un thriller français coécrit et réalisé par Alain Corneau.

Christine Rivière, dirigeante dans une multinationale, envoie sa subordonnée Isabelle à sa place pour une négociation au Caire, où cette dernière commence une liaison avec Philippe Deschamp, l’un des amants de Christine. Isabelle se demande rapidement si elle n’a pas été manipulée, d’autant que sa patronne s’attribue une fois encore ses idées et le succès de cette mission.Une occasion se présente pour Isabelle de briller aux yeux du siège américain, en court-circuitant Christine Rivière.


Soif de pouvoir et d’amour

Alain Corneau est malheureusement mort, quelques jours après la sortie du film en salles. Le spécialiste du film noir nous plonge dans un thriller machiavélique et stylisé. Une approche qui rappelle le cinéma d’Alfred Hitchcock et Brian De Palma. Il n’est donc pas anodin que ce dernier est orchestré le remake américain intitulé Passion.

Par le biais de ses deux grandes actrices, Alain Corneau instaure instantanément une mécanique de domination et manipulation entre les personnages. Ils cherchent en l’un et l’autre de l’admiration et de l’amour, tout en voulant une main mise sur la direction de leur entreprise. Un jeu du chat et la souris qui se révèle prenant et même assez fascinant. L’aspect labyrinthique du film est favorisé par le monteur attitré du réalisateur. Ce dernier reste fidèle à son cinéma, tout en le saupoudrant de références à des monuments du thriller (Les Diaboliques, Sueurs Froides…).

On peut reprocher certains éléments prévisibles et quelques facilités dans la mise en scène, mais ce jeu de miroirs sadomasochistes fonctionne à merveille. La première partie du long métrage est clairement la mieux maitrisée. Tandis que la seconde est le passage de l’autre côté du miroir, et Alain Corneau opte pour un simple volte-face.

Heureusement, il a sous son regard de très bons interprètes. A commencer par Kristin Scott Thomas, qui se montre glaciale et déstabilisante au possible. L’actrice franco-britannique trouve un rôle sur mesure. A ses côtés, Ludivine Sagnier signe une prestation que l’on aurait pu voir chez Claude Chabrol. Il y a de l’excès dans la composition, mais ça a du charme. Patrick Mille n’est pas en reste, et ce même si son personnage est broyer entre ces deux femmes requins.

La bande originale du jazzman Pharoah Sanders nous envoute et nous isole avec Isabelle (Ludivine Sagnier), ce qui favorise l’immersion dans ce puzzle diabolique.

En résumé, Crime d’amour est un labyrinthe plaisant qui est par moments pas si loin de la réalité. Alain Corneau rend hommage à ceux qu’il admire.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. bennybooks dit :

    J’avais adoré ce film pour le jeu des deux comédiennes. Un vrai régal. Ludivine Sagnier que j’aime beaucoup dans Swimming pool et Kristin Scott Thomas sont deux véritables comédiennes capable de tout jouer

    Aimé par 1 personne

    1. Tout à fait ! Deux grandes actrices !

      Aimé par 1 personne

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