Il était une fois… Magnolia de Paul Thomas Anderson

Magnolia est un film dramatique américain écrit et réalisé par Paul Thomas Anderson.

Au cours d’une journée comme les autres, à Los Angeles. Plusieurs personnages abandonnent dans la douleur leur vie habituelle avant de mourir ou d’entrer dans la sagesse. Ainsi Linda, qui a épousé Earl pour son argent, découvre qu’elle l’aime vraiment au moment où il est à l’agonie. Lui-même veut revoir son fils, qu’il a abandonné trente ans plus tôt.


Magnolia est apparu à un moment de ma vie, où je ne pouvais pas en saisir la totalité des tenants et des aboutissants. Cependant, le long métrage avait réussi à me fasciner par sa beauté, ses personnages, ses acteurs et son rythme. Un sentiment proche de celui que j’ai pu ressentir lorsque j’ai découvert pour la première fois Mulholland Drive de David Lynch. On ne comprend pas tout, mais le charme opère instantanément, cela vous indique qu’il faudra la redécouvrir d’ici quelques années. Quinze ans après, je me lance à nouveau dans cette mosaïque cinématographique…


Le hasard ? En êtes-vous sûrs ?

Il y a des jours où tout est aligné pour que votre vie prend un virage, ainsi que celles des autres. Nous sommes le maillon d’une chaine infinie, dont l’issue semble écrite depuis le début. A travers cette réflexion, Paul Thomas Anderson nous conduit au milieu de plusieurs destins qui s’entrecroisent de près, comme de loin. Le style choral était déjà présent dans ses courts-métrages, et également dans Double mise et Boogie Nights. Un genre qu’il entretient à merveille, aussi bien du point de vue de l’écriture, que de la mise en scène.

Après le premier quart d’heure de Magnolia, on ne peut que saluer la passion et la rigueur qui animent le cinéaste américain. Il se révèle exigeant, afin de permettre une évolution de son cinéma avec l’ensemble de son équipe. Par exemple, chaque interprète incarne un personnage sur mesure, qui lui permet dévoiler une nouvelle facette de son talent. Comment ne pas être émerveillé par la prestation collective qui vibre au sein de ce film ?! Tom Cruise ! Melora Walters ! Jeremy Blackman ! John C. Reilly ! William H. Macy ! Julianne Moore ! Bref, ils sont tous renversants !

A la fois si proches et si lointains, les personnages sont tissés entre eux, sans que ça craque. Paul Thomas Anderson fait preuve de finesse pour ne pas attirer la surenchère sur son propos. Il manie parfaitement le comique de situation et la dramaturgie. Les dialogues, la narration et les différentes interactions forment une mécanique huilée et pensée. C’est simple, on assiste un véritable travail d’horloger. D’ailleurs, l’ouverture du film reflète très bien cet équilibre.

Autre particularité dans cette gestion du rythme, c’est la musique. Le cinéaste s’appuie sur le travail du compositeur Jon Brion et de la chanteuse Aimee Mann pour apporter une dimension toute particulière à son long métrage. Rien n’a été laisser au hasard, Paul Thomas Anderson orchestre sa bande originale de manière à intensifier les émotions et les sensations. Cela participe activement à la fluidité du film dans son ensemble. Les instants sans musique sont également très importants, puisqu’ils viennent accentuer certaines situations dramatiques. L’utilisation de la musique pourrait être assimilé à un étau que l’on resserre, avec douceur ou pas. Le suspens n’en est que plus savoureux.

L’intrigue s’articule autour de quatre thématiques complémentaires, à savoir l’égoïsme, la souffrance, le regret et l’amour (celui qui est difficile à avouer). A première vue, Paul Thomas Anderson amorce son cocktail de façon assez artificielle, mais il en résulte une réalité. Une conjugaison dont il a le secret, et qui fait que l’on assiste à un grand moment de cinéma.

Comme cela a été aborder légèrement ci-dessus, la mise en scène est orchestrée au micron près, et reflète une véritable cohérence artistique. Le cinéaste impose sa patte et justifie totalement ses choix, que ce soit dans le montage, le casting ou la durée du film. Pourtant, Paul Thomas Anderson a bataillé avec les producteurs et les distributeurs, afin de sortir son film dans son intégralité dans les salles obscures. C’est après Magnolia, que le cinéaste a décidé d’ouvrir sa propre boîte de production : Ghoulardi Film Company.

Revenons à la scénographie… Paul Thomas Anderson compose un bouquet émotionnel assez audacieux, où beaucoup se seraient cassés les dents. Le comique de situation et le drame ne font qu’un, et s’accorde à merveille avec le propos. Que ce soit techniquement ou visuellement, l’ensemble surfe sur les mêmes ondes. Une cohérence artistique qui se confirme entre le réalisateur et son chef opérateur, Robert Elswit. Et ce qui est encore plus beau, c’est que l’on ne sent pas de la prétention de la part de Paul Thomas Anderson. C’est avant la passion qui émane de chaque seconde du long métrage.

En résumé, Magnolia est un pur chef d’oeuvre ! Paul Thomas Anderson est un véritable virtuose et compte parmi les cinéastes les plus talentueux de sa génération. Il ne laisse rien au hasard, et se révèle comme un pur artisan du cinéma. Ô Capitaine ! Mon Capitaine !

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