Critique : La Mentale (2003)

La Mentale est un polar français coécrit et réalisé par Manuel Boursinhac.

Après avoir purgé une peine de quatre ans derrière les barreaux, Dris, une petite frappe de banlieue, décide de se ranger auprès de Lise qu’il a rencontrée avant son emprisonnement. Mais Yanis, un vieil ami qui a pris de l’importance dans le milieu du crime, lui force la main et réussit à le faire plonger pour un ultime braquage…


Bizarrement, Manuel Boursinhac n’a réalisé que deux longs métrages pour le cinéma. Son premier, Un pur moment de Rock’n roll, révèle déjà son goût pour la tragédie, la descente aux enfers et les anti-héros. C’est à travers ce film que le réalisateur se lie d’amitié avec Samy Nacéri et Marie Guillard.

Lorsque le scénario de ce qui allait devenir La Mentale fût terminé, Bibi et Samy Nacéri ont contacté Manuel Boursinhac pour la réalisation. Le projet reçoit le soutien de Gaumont et Legende Films, ce qui amène à un budget évalué à 8 millions d’euros environ.


Sans repère pour trouver la lumière

Malgré quelques poncifs et quelques ficelles convenus, La Mentale se révèle tout de même comme un polar ambitieux et percutant. Bibi Nacéry et Manuel Boursinhac nous emmènent au cœur du banditisme de banlieue. A travers la fiction, l’ensemble de l’équipe parvient à retranscrire une certaine réalité. Le contexte social et générationnel est l’une des grandes forces du long métrage, puisque cela véhicule un certain vécu de la part de Bibi et Samy Nacéry, ainsi que d’autres membres de l’équipe. Brûler la vie pour exister, pour être reconnu, c’est le rouage central du propos de Manuel Boursinhac et Bibi Nacéry.

Les +

  • La scénographie de Manuel Boursinhac et Kevin Jewinson (photographie) s’imprègne efficacement des codes du genre. Les séquences nocturnes et pluvieuses apportent du cachet à l’écran. Il en ressort une atmosphère froide et fiévreuse, où la moindre flamme d’espoir se voit éteinte par les natures et les actes.
  • Le traitement des personnages et de leur environnement se révèle percutant. Les traits sont épaissis, afin de développer rapidement une identification. Nous avons donc une galerie d’anti-héros, qui deviennent attachants par leur charisme et leur gouaille.
  • Le casting se montre solide et cohérent. Les associations et les oppositions fonctionnent à merveille. Samuel Le Bihan et Samy Nacéry forment un duo convaincant. Clotilde Courau et Marie Guillard sont sublimes. Michel Duchaussoy et Philippe Nahon imposent leur savoir-faire. A noter aussi les présences de Francis Renaud et François Berléand. David Saracino tient la distance, et se hisse au même niveau que ses partenaires plus expérimentés.
  • Les dialogues sont plutôt bien conçus, et ça colle efficacement aux personnages et au milieu.
  • La mise en avant des différentes générations articule à merveille le sujet du film. Le mélange de cultures est également très pertinent.

Les –

  • La structure narrative est malheureusement réchauffée, ce qui amène à une certaine prévisibilité.

En résumé, La Mentale mêle efficacement la fiction et la réalité. Porté par une belle équipe, le polar est une réussite. Il aurait été intéressant de voir Larbi Nacéri et Manuel Boursinhac collaboré de nouveau ensemble.

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