Critique : Animal Kingdom (2009)

Animal Kingdom est un polar australien écrit et réalisé par David Michôd.

Melbourne, années 1980. Lorsque sa mère succombe à une overdose, Joshua Cody, 17 ans, demande à sa grand-mère qu’il connaît à peine de l’aider à organiser les funérailles. Installé chez elle, il fait la connaissance de ses oncles, traqués par la police pour leurs braquages sanglants. Prêt à tout pour les arrêter, l’inspecteur Leckie espère convaincre Joshua de témoigner contre eux.


Bienvenue dans la famille…

Pour ouvrir l’année 2010, David Michôd se lance dans le grand bain du cinéma avec son premier long métrage. Le cinéaste s’inspire d’un fait divers qui s’est déroulé à Melbourne à la fin des années 1980. Le projet a connu quelques obstacles, notamment sur le plan financier. David Michôd a sollicité toutes les boites de production d’Australie, ce qui a fini par aboutir à un budget de 4,5 millions de dollars. Animal Kingdom entre en compétition dans de nombreux festivals et obtient de nombreuses récompenses. L’accueil critique et public est chaleureux, et David Michôd est alors considéré comme un grand espoir du cinéma australien.

Aujourd’hui, Animal Kingdom est installé comme un incontournable du cinéma australien, et a même eu le droit à une adaptation américaine en série. Bref, David Michôd s’est imposé de manière instantanée comme une référence, allant même jusqu’à être qualifié de digne successeur de Martin Scorsese.


Les +

David Michôd dresse un portrait sans concession du Melbourne des années 1980. Il s’extirpe parfaitement du manichéisme, pour livrer un polar qui frappe en plein dans l’estomac. Le point de vue de Joshua épouse celui du spectateur, et ils parcourent ensemble les rouages sombres (et familiaux) du banditisme australien.

La mise en scène reflète une maitrise totale du propos et du genre. Que ce soit le rythme, l’éventail technique ou bien la direction d’acteurs, tout est magnifiquement orchestré. David Michôd puise son cinéma dans celui de Michael Mann, James Gray et Martin Scorsese. Et ce qui est encore plus beau, c’est qu’il injecte sa propre sensibilité par son regard de passionné.

Sur le fond, le cinéaste agence plusieurs genres ensemble pour ne faire qu’un. On passe par le thriller, le survival ou encore le western. Les thématiques sont exploitées avec intelligence, et sans tomber dans le réchauffé. David Michôd a établi une approche sans détour de l’Australie des 80’s, que ce soit chez les bandits ou chez les flics. Les personnages sont subtilement conçus, car ils ont chacun une facette très différente. Son écriture véhicule quelques points communs avec le travail de Taylor Sheridan (Comancheria, Sicario).

L’une des pièces maitresses de la réussite du film, c’est évidemment son casting. Jacki Weaver est absolument remarquable dans la peau de la patriarche de famille, qui se veut au plus près de ses enfants. Son interprétation a été saluée dans le monde entier, jusqu’à obtenir une nomination aux Oscars et aux Golden Globes. Ben Mendelsohn se montre lui aussi très inspiré par son rôle de salopard de l’ombre, ce qui lui a permis par la suite d’obtenir des rôles importants à Hollywood. La révélation, James Frecheville est étincelant en jeune homme complètement dépassé par la jungle qui l’entoure. Joel Edgerton et Guy Pearce imposent leur savoir-faire d’entrée.

La cerise sur le gâteau provient de la musique d’Antony Partos. Ses compositions collent à cette atmosphère suffocante développé par David Michôd.

En résumé, Animal Kingdom est un véritable coup de maître ! David Michôd s’inscrit dans la lignée de Peter Weir et James Gray.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. regardscritiquesho22 dit :

    « Animal kingdom », le titre peut surprendre, d’autant qu’il n’est question dans le film ni d’animaux ni de royaume! Mais vous comprendrez vite, si vous avez la chance de le voir, que la frontière entre comportement humain et comportement animal est ténue et que les animaux ne sont probablement pas les pires!
    Il s’agit d’un extraordinaire thriller et, une fois que vous êtes dedans, vous retrouvez les sensations que vous avez connues lorsque vous avez vu « Le Silence des Agneaux » ou « Seven », même si c’est moins éprouvant, la violence physique n’atteignant pas les sommets de ces deux polars! Toutefois vous restez tout de même bien angoissé en vous demandant comment tout cela va pouvoir se terminer…
    Ne comptez pas sur moi pour vous raconter l’histoire, sachez seulement que, flics ou voyous, ils sont tous aussi pourris et déjantés les uns que les autres, la palme devant probablement être attribuée à la grand-mère. Seuls personnages « positifs » peut-être, le flic intègre et le narrateur. Quant aux autres…
    Donc deux heures ou presque de plaisir et de divertissement avec une bande-son à s’accrocher au lustre, mais pas que… En fait on est en pleine tragédie antique: le rôle du destin est implacable. La grand-mère dit d’ailleurs, à un certain moment, que, quand les choses doivent être faites, il faut les faire.
    Grande étude sur la nature humaine, qui en remontrerait à certaine palme d’or, que la décence m’empêche de nommer, comme dirait Luc Ferry, grande maestria, grande virtuosité dans la mise en scène, narration très rythmée, bref, que du bonheur… Metteur en scène inconnu, mais on attend la suite avec impatience!

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    1. The Rover est aussi grandiose !

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