Critique : La vérité sur Charlie (2002)

La vérité sur Charlie est un thriller romantique américano-allemand écrit et réalisé par Jonathan Demme.

Après trois mois de mariage, Régina Lambert quitte Charlie, séducteur désinvolte au passé trouble, épousé sur un coup de tête, et dont elle ne sait pas grand-chose. Mais, à son retour de Martinique, la belle jeune femme découvre que ce dernier a été assassiné et que son appartement a été dévasté. Quant au compte en banque du couple, il est à sec.


Viser trop haut, trop loin…

Après avoir été sur les sommets d’Hollywood avec Philadelphia et Le Silence des agneaux, Jonathan Demme souhaite s’aventurer sur un nouveau terrain. Le cinéaste américain se veut plus ambitieux que jamais, ce qui va lui causer un échec cuisant en salles. L’idée est s’appuyer sur le film Charade de 1963 avec Cary Grant et Audrey Hepburn, pour rendre un hommage au cinéma français, et plus précisément à la Nouvelle Vague. La vérité sur Charlie se révèle comme une œuvre (trop) expérimentale, ce qui entraine une certain déséquilibre dans la mise en scène et dans l’écriture. Malheureusement, Jonathan Demme s’éloigne de ses codes et cela fait naître un remake des plus confus et peu inspiré.


Les +

La présence de Charles Aznavour est très certainement la meilleure chose dans ce long métrage. Elle amène deux séquences qui véhicule les intentions du réalisateur. L’hommage à la Nouvelle Vague passe mieux à ces deux instants, que lorsque Jonathan Demme s’essaye à tous les styles de l’époque. On peut en déduire que sa sensibilité cinématographique se rapproche plus de Truffaut, que de Godard.


Les –

Par où commencer ? Tellement de choses qui ne vont pas dans ce long métrage… Tout d’abord, l’ambition de Jonathan Demme est démesurée. Il souhaite s’approprier les cinéastes français qu’il admire, mais malheureusement il se prend les pieds dans le grand tapis. Il aurait été plus pertinent de planter sa propre vision, sa propre sensibilité et y articuler quelques petits clins d’oeil par si, par là.

Au lieu de ça, le cinéaste américain nous réchauffe maladroitement les codes à la française, en particulier dans l’approche de l’environnement parisien. Sa mie scène est brouillonne, et cela se répercute sur le casting. Les interprètes sont dans le surjeu et ne bénéficie pas de personnages très passionnants. Bref, c’est du mou, rien que du mou !

On a du mal à croire que Jonathan Demme soit derrière ce film, tant cela baigne dans l’incohérence et la surenchère. Il esquisse son amour et admiration pour la Nouvelle Vague, mais son approche reste nébuleuse au possible.

En résumé, La Vérité sur Charlie titube constamment entre les genres et les hommages. Une œuvre bancale et oubliable. Jonathan Demme s’est offert une chute vertigineuse.

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