Critique : Hacker (2015)

Hacker est un techno-thriller américain coécrit et réalisé par Michael Mann.

À Hong Kong, la centrale nucléaire de Chai Wan a été hackée. Un logiciel malveillant a ouvert la porte à un autre malware plus puissant qui a détruit le système de refroidissement de la centrale, provoquant la fissure d’un caisson de confinement et la fusion de son cœur. Un groupe de hauts gradés de l’APL (Armée populaire de libération chinoise) charge le capitaine Dawai Chen, spécialiste de la défense contre les cyberattaques, de retrouver et de neutraliser l’auteur de ce crime.


connexion vulnérable

Michael Mann s’attaque à un sujet casse-gueule, le hacking. Peu de réalisateurs ont réussi à retranscrire ce monde à part de la criminalité. Aujourd’hui, on peut estimer que seul, Sam Esmail (Mr Robot) est parvenu à capter toute l’essence et la complexité de cet univers. Hacker se révèle plus brut de décoffrage, ce qui laisse entrevoir certaines faiblesses scénaristiques et de mise en scène. On a connu Michael Mann mieux inspiré, même si il n’a rien perdu de sa virtuosité.

Les +

Malgré ses deux derniers échecs commerciaux, Michael Mann n’abdique pas et reste fidèle à lui-même. Une immersion totale au cœur du crime numérique et qui se matérialise ensuite par des fusillades. Le cinéaste américain nous présente le monde « connecté » d’aujourd’hui et de demain. L’humanité se voie dirigée par des données informatiques, esclave d’un système toujours plus numérique, de jour en jour.

Michael Mann surfe sur ce qu’il maitrise le plus, à savoir un cadre au plus près des personnages et de l’action. La représentation du numérique peut sonner un peu kitch, mais gagne en efficacité pour soutenir le propos. Les séquences nocturnes sont sublimes et envoutantes. L’urbanisme est toujours un véritable terrain de jeu pour le réalisateur. De plus, Michael Mann apporte à nouveau quelques segments poétiques à la limite de l’onirisme. Toutefois, le cinéaste ne tombe pas dans le contemplatif. Son atmosphère est froide, imprévisible et grisonnante. Le rythme est palpitant à souhait, ce qui reflète également la force du montage.

Les –

Chris Hemsworth mouille suffisamment la chemise pour nous convaincre. Malheureusement, Michael Mann ne parvient pas à gommer totalement son étiquette « blockbuster musclé ». Un acteur caméléon comme Jake Gyllenhaal aurait peut-être eu plus d’impact à l’écran. L’ensemble de la distribution est plus que convenable, mais les interprètes sont peu mis en valeur.

Globalement, les personnages ne sont pas assez étayés pour réellement s’y attacher. La romance manque de coffre, tout comme l’amitié qui lie Chen et Nicholas. Michael Mann nous a habitué à beaucoup mieux. De plus, certaines incohérences ternissent l’intrigue. Les procédures et l’enquête apparaissent surfaites. La densité du propos sème un voile sur l’ensemble du long métrage.

En résumé, Hacker traite un sujet passez épuré pour donner de l’importance aux premiers et seconds couteaux. Les intentions de Michael Mann sont claires, et sa mise en scène est toujours aussi enivrante. Malheureusement, on n’atteint pas la dimension de Heat ou du Solitaire.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    Injustement boudé par le public, mal vendu par le distributeur, Hacker vaut tout de même mieux qu une banale série B sur le piratage informatique. Je n’ai trouvé aucune faiblesse de mise en scène, et dire que les personnages secondaires sont sacrifiés reviendrait à occulter, voir oublier, le magnifique rôle de Viola Davis dans le film.
    Je suis conscient de ne pas être très objectif étant un grand admirateur de l’œuvre de Mann, mais ils sont tout de même peu à proposer une telle épure de film sur les grands sujets actuels.

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis également très admiratif de Michael Mann… Viola Davis ne m’a pas surpris, et elle se retrouve noyé par le surplus lié au propos. Hacker est clairement plus intéressant que 80% des action movies actuel.

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      1. princecranoir dit :

        Elle est dans le flux mais elle existe, à l’image de ce très beau plan qui la regarde mourir.

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