Critique : Road House (1989)

Road House est un thriller américain réalisé par Rowdy Herrington.

Dalton a toutes les qualifications requises pour avoir un boulot stable et une vie tranquille, mais il préfère vivre sa vie. Voilà pourquoi il se retrouve vigile au Double Deuce, un bar de Jasper. Lors de sa première nuit de travail, il est blessé, mais aussitôt recueilli et soigné par Elizabeth Clay, une jeune et belle doctoresse. Malheureusement, Brad Wesley, qui règne en maître sur le crime à Jasper, est intéressé par la jeune femme…


Aujourd’hui, Road House est considéré comme un petit film d’action culte. Pourtant lors de sa sortie la presse n’a pas été clémente, et le succès publique est modeste. Est-ce que le temps l’a bonifié ou bien tout le contraire ? Une question qui divise ceux qui l’ont découvert très jeune et ceux qui le découvrent aujourd’hui. Pour info, c’est la première fois que l’on regarde ce film « en entier ». Il est possible que certaines scènes ont été aperçues lorsque les parents le regardaient.

Après les succès de L’Arme Fatale et Predator, Joel Silver nous présente un nouveau personnage typique de l’Amérique des années 80, avec James Dalton. Pour l’incarner, le producteur engage Patrick Swayze et espère l’enrôler par la suite pour Tango & Cash et Predator 2. Malheureusement (ou heureusement peut-être), l’acteur se blesse sur le tournage de Road House, ce qui le contraint à refuser les deux offres de Joel Silver. Au final, Patrick Swayze s’est embarqué dans Ghost et Point Break.

Bim ! Bam ! Boum !

Walter Hill, Richard Donner ou encore John McTiernan ont été propulsés par Joel Silver et sa soif de grand spectacle. On ne pourra pas dire la même chose pour Rowdy Herrington. Ce dernier ne va connaître une grande carrière et comprend pourquoi lorsque l’on regarde Road House. On est dans de la pure série B à l’américaine, ce qui est dommage car certains traits scénaristiques auraient pu être élevés à un rang plus ambitieux.

Les +

Les charismes de Patrick Swayze et Sam Elliott apportent une légère dimension au film. Cela ne suffit pas à rattraper les nombreuses carences dans la mise en scène et l’écriture. Les deux acteurs partagent une certaine alchimie, ce qui les rend assez attachants.

La photographie de Dean Cundey véhicule un certain charme, car il faut l’admettre, certains plans sont sublimes.

Les –

Par où commencer… Le scénario tient sur une serviette de papier. Les personnages sont tout juste esquissés avec un gros marqueur noir. On a du mal à être convaincu par ce médecin et ce final complètement incohérent. Au niveau des dialogues, c’est risible au possible. L’intrigue est réchauffée et ne reflète que trop peu d’originalité. Un auteur de la trempe de John Milius ou Paul Schrader aurait pu amener un relief intéressant au propos de base.

La réalisation de Rowdy Herrington n’a rien d’euphorisant, à part ce charme (nostalgique) des années 80. Le montage est parfois épileptique, ce qui enlève la beauté de certains plans et rend les séquences d’actions à la limite du passable. On est dans de l’expéditif pur et dur. La sexualisation est omniprésente, tout comme la violence. Rien n’est épuré. On aurait tellement voulu voir une personne comme Kathryn Bigelow derrière la plume et la caméra.

Pour finir, la musique de Michael Kamen ne fait que réchauffer les compositions de L’Arme Fatale. Le cahier des charges de Joel Silver n’était pas très épais.

En résumé, Road House s’emmêle dans ses grosses ficelles. Tout n’est pas à jeter, mais trop de défauts s’entassent au fil des minutes. Un remake pourrait être intéressant, mais il faudra se retrousser sérieusement les manches.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. podsac dit :

    Si un remake n’est pas encore sorti de l’usine, une séquelle regardable avait été produite. Avec Jonathon Schaech et Jake (fils de) Busey dans les rôles antagonistes. 🙂

    Aimé par 1 personne

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