Critique : Blackthorn (2011)

Blackthorn est hispano-bolivo-franco-britannique, réalisé par Mateo Gil.

Alors qu’on le croit mort depuis 1908, Butch Cassidy, le légendaire hors-la-loi, a trouvé refuge en Bolivie depuis vingt ans, sous le nom de James Blackthorn, un éleveur de chevaux respecté. Au crépuscule de sa vie, il n’aspire plus qu’à rentrer chez lui pour rencontrer ce fils qu’il n’a jamais connu. Sur sa route, il croise un jeune ingénieur qui vient de braquer la mine dans laquelle il travaillait.


Last Blood…

Blackthorn a piqué notre curiosité par son casting, puis son synopsis. L’idée d’offrir une nouvelle aventure à Butch Cassidy est intéressante, surtout lorsqu’elle prend en compte l’ensemble du parcours de la légende américaine. Malgré ses contours réchauffés, cette chevauchée se révèle passionnante et dotée d’une certaine élégance.

Les +

Sam Shepard irradie complétement l’écran dans la peau du vieux Butch. Il insuffle une véritable profondeur au personnage, comme c’était déjà le cas dans Don’t Come Knocking de Wim Wenders. L’acteur américain a su parfaitement faire nuancé son jeu au fil des années, ce qui a donné naissance à de belles compositions. Sous la houlette de Mateo Gil, il signe l’une de ses plus belles interprétations.

Autre satisfaction concernant le casting, Nikolaj Coster-Waldau en Butch Cassidy jeune. Eduardo Noriega se montre particulièrement à l’aise face à Sam Shepard.

L’écriture de Miguel Barros empreinte parfaitement le pas à l’œuvre de George Roy Hill. Les personnages, le contexte social et politique de l’époque forment un solide noyau à l’intrigue. La structure est discutable, mais reste globalement efficace.

Visuellement, Mateo Gil et son chef opérateur ont composé des plans somptueux. Les grands espaces boliviens nous immergent totalement dans l’aridité de la solitude. On ressent une certaine maturité de la part du réalisateur, et un amour pour le western d’Arthur Penn et Sydney Pollack.

Les –

Mateo Gil n’apporte rien de neuf, ce qui est bien dommage. Le potentiel de Blackthorn n’a pas été tiré à son maximum. Techniquement, on en demande un peu plus. Le souffle épique du film aurait pu être bien plus intense et mémorable. Il manque ce petit sens du spectacle qu’ont des réalisateurs comme Kevin Costner et John Hillcoat. Ici, on est un cran en-dessous.

Stephen Rea tient un personnage intéressant, mais peut-être pas assez exploité par le réalisateur.

La musique manque cruellement d’originalité, et de souffle. On aurait bien vu un compositeur méconnu comme Bear McCreary (Colossal, Godzilla II) pour apporter une dimension plus épique et mélancolique.

En résumé, Blackthorn est un beau western qui satisfera les fans du genre. Sam Shepard apporte parfaitement un nouveau regard sur Butch Cassidy.

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