Critique : Vinyan (2008)

Vinyan est un thriller fantastique franco-belge coécrit et réalisé par Fabrice du Welz.

À Phuket, en 2005, Jeanne et Paul ont perdu leur enfant lors du tsunami survenu en 2004. Incapables d’accepter la mort de leur fils, ils sont restés vivre sur place. Un jour, Jeanne croit apercevoir la silhouette de l’enfant sur une vidéo amateur. Paul est sceptique, mais accepte de la suivre au fin fond de la jungle. Leur voyage va les mener vers un monde surnaturel peuplé d’enfants hostiles.


This is the end…

Porté par une ambition démesurée, Fabrice du Welz signe un voyage fiévreux comme on en voit très peu dans le cinéma francophone. Nous avons découvert Vinyan lors de sa diffusion sur Canal +, et nous étions littéralement tombés sous le charme de ce tourbillon d’amour et de folie. Malgré de nombreuses faiblesses, le long métrage respire la sincérité et le courage du cinéaste belge.

Les +

Après Calvaire, Fabrice du Welz ose s’aventurer sur des terres inconnues pour une réelle expérience. Pour cela, il s’appuie sur les œuvres de Werner Herzog et Francis Ford Coppola. La mise en scène reflète à merveille cette sensation de vertige et perte de repère. La photographie de Benoît Debie est sublime, même si elle se révèle parfois trop contemplative.

Le postulat de base est très intéressant, tout comme l’approche du cinéaste. Cette soif de retrouver la vie aux frontières de la mort et du fantastique. Une atmosphère qui nuance brillamment les températures pour déstabiliser le spectateur, en même temps que les personnages. D’ailleurs, la musique de François-Eudes Chanfrault épouse tout cela à merveille. Là dessus, le long métrage trouve une véritable identité cinématographique.

Emmanuelle Béart se montre totalement investie par son personnage. A l’image de Fabrice du Welz, l’actrice ose aussi s’abandonner dans cette aventure.

Les –

Fabrice Du Welz ne joue pas assez avec son spectateur, avec l’empathie, l’hostilité, le fantastique… A la différence, d’Adrian Lyne (L’échelle de Jacob) par exemple, cela aurait certainement intensifier le rythme et multiplié les sensations. Le trop-plein visuel et sonore parasite l’ambiance et le rythme du long métrage. Nous ne savons pas si ce voyage devait être plus long à vivre, mais la durée du film apparait trop courte. Les personnages méritaient que l’on s’attarde sur eux, en suivant un peu leur quotidien, puis introduire l’élément déclencheur plus tard.

Malgré que Rufus Sewell soit un acteur confirmé, on ne le sent pas totalement convaincu par l’histoire et son personnage. Il ne reflète pas ce côté instinctif de sa partenaire. L’aura d’un acteur est très importante, et là, elle n’est pas réellement présente. Julie Dreyfus méritait un peu plus de présence à l’écran.

En résumé, Vinyan est un grand voyage qui se retrouve réduit par le temps et l’argent. Fabrice du Weltz livre une œuvre expérimentale nécessaire, et qui détonne positivement dans la paysage cinématographique francophone.

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