Critique : Le Juge Fayard dit « le Shériff » (1977)

Le Juge Fayard dit « Le Shériff » est un polar coécrit et réalisé par Yves Boisset.

Jean-Marie Fayard, juge d’instruction, a reçu le surnom de « Shériff » en raison de ses méthodes jugées parfois peu orthodoxes. Il est en charge du dossier d’un hold-up, pour lequel l’un des principaux suspects possède un alibi solide, alors qu’il a été formellement reconnu par une victime. Le juge Fayard découvre que l’homme est employé par une société de gardiennage dirigée par Marcheron, un ancien commissaire connu pour ses accointances avec la pègre.


Seul contre tous !

Yves Boisset est porteur d’un cinéma humaniste et engagé. Il aime se frotter aux sujets qui dérangent, ceux qui remettent en cause la société et le pouvoir. Le Juge Fayard dit « le Shériff » s’appuie sur l’affaire du juge lyonnais Renaud, surnommé le shériff, qui fut assassiné. Un polar qui a hérissé certaines administrations politiques. Le long métrage a été sujet à la censure et Yves Boisset a reçu plusieurs menaces de mort. A sa sortie, le film rencontre un succès critique et public amplement mérité.

Les +

L’intrigue regroupe plusieurs faits réels de l’époque, et l’ensemble sert parfaitement le propos. Yves Boisset et son scénariste, Claude Veillot dresse un état des lieux percutant de la France et de ses institutions. A travers une mise en scène qui se veut avant tout efficace et proche des personnages, le réalisateur réussit à retranscrire la réalité de la criminalité de l’époque.

Patrick Dewaere dévoile une interprétation très intéressante, compte-tenu de sa période sombre du point de vue personelle. Il apporte de l’instabilité à son personnage et une surface assez électrique. A ses côtés, Philippe Léotard se montre convaincant en flic intègre et compagnon d’enquête du juge Fayard.

Les –

Aurore Clément est clairement en-dessous de ses partenaires. Son jeu apparait approximatif, notamment dans les moments intenses. La romance ne prend pas, tout comme l’alchimie entre l’actrice et son camarade. Le duo Dewaere/Léotard dévoile un énorme potentiel, mais les personnages n’ont pas assez d’affinité.

En résumé, Le Juge Fayard dit « le shériff » est un polar qui exploite efficacement son sujet. Le long métrage ne reflète pas l’audace scénaristique dans sa réalisation. Yves Boisset signe tout de même une œuvre importante pour l’époque, et cela a inspiré plusieurs polars d’aujourd’hui.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    Un de ces très bons polars de l’époque, qui n’hésite pas à pointer du doigt des officines peu fréquentables (ici le SAC et sa clique). Dewaere est excellent comme souvent, Leotard aussi, sans oublier Jacques Spiesser. Comme je l’écrivais dans ma chronique, il y a du Rosi dans ce film.

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