Critique : Cœurs Perdus (2006)

Cœurs Perdus est un thriller germano-américain écrit et réalisé par Todd Robinson.

A la fin des années 40, un couple aussi séduisant que mortel sème la panique dans tous les Etats-Unis. Leur mode opératoire est toujours le même : Ray séduit de jeunes femmes isolées et les dépouille, puis avec le soutien actif de Martha, les tue. L’inspecteur Elmer C. Robinson se lance à leurs trousses, et cette affaire change définitivement sa vie.


Encore du réchauffé !

Après avoir produit et écrit quelques films télévisés, Todd Robinson obtient suffisamment de crédits pour être aux commandes d’un remake au budget important et au casting prestigieux. Revisité « Les Tueurs de la lune de miel » n’est pas un projet à prendre à la légère, et il faut surtout y apporter un souffle et une vision singulière. Malheureusement, Todd Robinson calque les codes du film noir, sans y apporter la moindre originalité.

Les +

Même si il est sous-exploité, le casting tient un certain éclat à l’écran. Le duo Hayek/Leto peut-être considéré comme une réussite, puisqu’il est le maillon le plus convaincant du film. D’ailleurs, le réalisateur s’appuie efficacement sur le couple pour vaporiser l’horreur et la malsanité. Alice Krige se révèle très convaincante sous les traits de la veuve en proie à une nouvelle vie et à un nouvel amour.

La photographie de Peter Levy (Les Châtiments, Broken Arrow) amène un certain charme, notamment sur les scènes crépusculaires. Le contraste du blanc, noir et rouge reste un classique du film noir, et cela a toujours son petit effet à l’image. Il en ressort une atmosphère macabre et mélancolique, en adéquation avec les personnages.

Les –

Todd Robinson orchestre sa mise en scène, à travers les codes « classiques » du film noir. Cela est logique, sauf que le réalisateur n’apporte pas ce souffle singulier qui fait avancer le genre. On réchauffe le passé, en y mettant quelques scènes crues et sanguinolentes. Revisité le film noir à travers un fait divers, cela demande plus que ça. Les frères Coen, David Fincher, David Lynch et Martin Scorsese ont signé des chefs d’œuvres qui ont rendu hommage au genre, tout en lui amenant une nouvelle dimension. Cœurs Perdus est surtout un regard soigné dans le rétroviseur, ce qui donne surtout envie de replonger dans Fargo ou Lost Highway.

Au niveau du scénario, on a peu de choses à se mettre sous la dent. Todd Robinson tire les ficelles avec peu de subtilité. L’intrigue manque cruellement de suspens, la ballade macabre n’est pas aussi intense que Les tueurs de la lune de miel de Leonard Kastle ou de Alleluia de Fabrice du Welz. Ici, on patauge dans du pseudo James Ellroy, à cause d’une vision trop étriquée.

Malgré ses efforts, John Travolta ne donne pas entière satisfaction dans la peau du flic désenchanté. James Gandolfini et Laura Dern sont totalement sous-traités, tant dans l’écriture, que dans la direction.

En résumé, Cœurs Perdus ne creuse pas assez son propos et ne bénéficie pas d’un regard perçant et affuté. Un polar crépusculaire qui s’enlise dans la facilité et le déjà-vu.

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