Critique : Le Diable, tout le temps (2020)

Le Diable, tout le temps est un thriller américain coécrit et réalisé par Antonio Campos.

Dans le sud des régions rurales de l’Ohio et de la Virginie-Occidentale, Willard Russell, vétéran tourmenté du carnage dans le Pacifique Sud, ne peut sauver sa belle épouse Charlotte d’un cancer, quelle que soit la quantité de sang sacrificiel qu’il verse sur sa « bûche ou tronc de prière ». Carl et Sandy Henderson, un couple de tueurs en série, arpentent les autoroutes américaines à la recherche de modèles appropriés à photographier et à exterminer. Roy, le prédicateur des araignées, et son compagnon de théâtre virtuose, Théodore, fuient la loi. Enfin, Arvin Russell, le fils orphelin de Willard et Charlotte, grandit pour devenir un homme bon mais également violent.


Classique et envoûtant

Antonio Campos ? Comment ça, vous ne le connaisse pas ? Ce n’est pas étonnant car ce cinéaste américain s’est surtout fait remarqué dans le cinéma indépendant, et notamment avec ses premiers courts métrages. Il a obtenu des bons retours critiques sur Afterschool et Simon Killer. Antonio Campos obtient même le statut de cinéaste prometteur, à suivre de près, selon Variety.

Netflix a donc misé sur lui pour fleurir un peu plus son catalogue. La production n’a pas fait dans la demi-mesure, puisqu’elle a mis de beaux moyens entre les mains d’Antonio Campos. Ce dernier peut franchir un cap important à travers ce projet. Et dans l’ensemble, le cinéaste confirme une certaine maitrise du genre, en restant fidèle à ses thématiques de prédilection.

Le Diable, tout le temps est apparence très classique, mais il détient une profondeur assez singulière et intense. Antonio Campos évite de sombrer totalement dans le déjà-vu, puisqu’il se fixe avec justesse sur la frontière entre le bien et le mal. Il articule ses personnages des deux côtés de la ligne. Au fil des minutes, le fond prend le pas sur la forme, ce qui apporte un véritable dynamisme au long métrage. Il y a de bonne petites idées de mise en scène, notamment dans le montage et dans l’opposition des personnages. Malheureusement, l’ensemble se voit entacher par cette voix off qui vient constamment expliquer les choses explicites. Ce procédé était largement dispensable.

Pour ce qui est du scénario, les frères Campos entretiennent à merveille l’équilibre entre les différents personnages, grâce au tissage et l’exploitation des thématiques principales (religion, l’hérédité, le mal, le bien…). L’Amérique profonde est bien représentée, même si d’autres cinéastes (John Hillcoat, Joel Schumacher ou encore Jeff Nichols) sont déjà passés par là. Il faut admettre que tout ne respire pas le neuf, mais les différentes interprétations donnent le coffre nécessaire pour que ce thriller se démarque légèrement des autres. Tom Holland, Sebastian Stan et Riley Keough véhiculent de la conviction et de la solidité. Ils sont efficacement complétés par Jason Clark, Robert Pattinson et Mia Wasikowska.

En résumé, Le Diable, tout le temps n’atteint pas le niveau d’un The Place Beyond the Pines ou La Ballade Sauvage. Cependant, Antonio Campos tire son épingle du jeu grâce à son casting et son scénario.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. belette2911 dit :

    Le roman, c’était de la bombe !!

    J'aime

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