Critique : Blue Valentine (2010)

Blue Valentine est un film dramatique américain coécrit et réalisé par Derek Cianfrance.

Dean, musicien doué, gagne sa vie comme déménageur et peintre en bâtiment, et ne s’en dit pas malheureux. Avec Cindy, son épouse infirmière, les accrochages se multiplient. Épuisée par les tâches ménagères et aussi par les excès de Dean, celle-ci est sur le point de capituler.


Les décalages de la vie…

Derek Cianfrance pose son regard sur une flamme, celle qui anime Dean et Cindy, et elle est sur le point de disparaitre. Les sentiments des premiers instants ont changé… comme si ils avaient une date de péremption. L’amour n’a plus la même saveur, les sourires s’effacent pour faire place aux larmes. Le cinéaste américain travaille cette histoire au plus près des personnages, ce qui amène une place importante au couple Gosling/Williams. Ils se montrent tous les deux portés par leur rôle, ce qui fait naître une alchimie et un réalisme troublant.

En divisant son histoire en deux grosses parties, Derek Cianfrance orchestre à merveille son tourbillon émotionnel. De plus, son ellipse donne encore plus de corps à son propos. Une écriture épurée, doté d’un relief émouvant. L’opposition des caractères et des sentiments est coordonnée avec une véritable justesse, et encore une fois, cela se reflète dans la performance du couple à l’écran. Et à travers toutes ses peines et ses joies, le cinéaste pose ses interrogations sur l’amour, le couple et leurs cicatrices.

A l’image de son écriture, Derek Cianfrance signe une mise en scène intime, qui s’accorde avec les émotions et les instants. Le début de l’histoire entre Dean et Cindy est soulignée par la lumière naturelle qui illumine les peaux et les regards. La fin de l’histoire tient une colorie plus terne et plus sombre. Un procédé simple, mais qui fonctionne à merveille pour illustrer les contrastes de la vie du couple. Les décors ont été judicieusement choisis et utilisés.

En résumé, Blue Valentine est une autopsie du couple contemporain en pleine agonie. Une (contre) love story qui prend en otage son spectateur, qui constate que les histoire d’amour finissent… en général. Un petit bijou !

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