Critique : Bronx (2020)

Bronx est un polar français écrit et réalisé par Olivier Marchal.

Dans les quartiers Nord de Marseille, une tuerie orchestrée par le clan Bastiani a lieu. Deux rivaux sont en charge de l’enquête, Vronski, un flic de la brigade antigang et Costa, un chef de groupe de la BRB aux pratiques douteuses. La situation dégénère lorsqu’un témoin-clé est assassiné durant sa garde à vue. En pleine guerre des gangs, Vronski et ses hommes, pour sauver leur peau, seront obligés de faire des choix lourds de conséquences…


On y va au bélier, pas au pied de biche !

Olivier Marchal ne fait pas dans la dentelle, lorsqu’il aborde son genre de prédilection. Il tape dans les clichés, les dialogues franchouillards, la vengeance et la tragédie. Le cinéaste français cultive cette recette depuis son premier long métrage. On adhère ou pas, mais Olivier Marchal reste fidèle à son style avec Bronx.

Tout d’abord, on reste dans le même moule scénographique. Une atmosphère sombre et violente, qui fait parler la poudre et le sang. Dans l’ensemble, c’est assez divertissant et rythmé. Toutefois, on peut reprocher le manque de subtilité dans lequel s’engouffre le réalisateur. Cela décrédibilise certaines situations et affecte l’intrigue principale. On n’est pas dans la même saveur que 36 Quai des Orfèvres, ce qui est dommage. Pour reprendre les mots de Marv dans Sin City, Olivier Marchal l’a joue sonore et dégueulasse, c’est son style.

La photographie est décevante, alors que l’action se déroule à Marseille. On est loin du cachet visuel de La French ou de Galveston. Nous citons le long métrage de Mélanie Laurent car son chef opérateur, Arnaud Potier travaille à merveille la lumière naturelle et le côté crépusculaire. Cela aurait donné un tout autre cachet à Bronx, d’avoir une photographie de cette sensibilité.

La bande originale ne se démarque pas plus que ça. Comme pour le réalisateur, Erwann Kermorvant s’est montré mieux inspiré par le passé.

A l’image de la forme, le fond est tout aussi brut de décoffrage. On surfe sur la vague du nanar, comme c’était le cas pour Truands de Frédéric Schoendoerffer. Les stéréotypes des gangsters, des flics ripoux et les femmes sont carbonisés, et appartiennent à une autre décennie. L’intrigue est également réchauffée, et n’évite pas les incohérences. Olivier Marchal ne change pas sa recette, et balance ses ingrédients à l’arrache. On frôle l’indigestion.

Au niveau du casting, Gérard Lanvin, Claudia Cardinale et Jean Reno sont malheureusement en toile de fond. Lannick Gautry porte difficilement le film sur ses épaules. Son interprétation ne reflète pas constamment la conviction. Une sensation que l’on retrouve chez d’autres membres de la distribution, comme Stanislas Merhar ou David Belle. Francis Renaud et Moussa Maaskri se montrent à l’aise, même si ils usent du cabotinage pour camper leur personnage.

En résumé, Bronx se noie dans son trop-plein de clichés et de facilités. Olivier Marchal s’est embourbé dans son propre style.

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