Critique : K (1997)

K est un thriller franco-allemand coécrit, produit et réalisé par Alexandre Arcady.

Sam, inspecteur de police, joue régulièrement aux échecs avec son ami Joseph Katz, vieux brocanteur rescapé des camps. Un matin, Katz abat de sang froid sous ses yeux un touriste allemand rentré par hasard dans sa boutique. Il a reconnu le Waffen SS responsable, il y a cinquante ans, du massacre de sa famille. Incapable de l’arrêter, Sam laisse son ami partir. Pour Sam et la fille de la victime, qui s’avèrera être un communiste et non pas un nazi, commence une enquête encore plus complexe qu’une partie d’échecs.


Un puzzle à double-face

Durant sa carrière de réalisateur, Alexandre Arcady est passé par différents genres avec plus ou moins de succès. Il a surtout excellé dans son approche du film policier avec notamment L’Union Sacrée. En 1995, lors de du cinquantième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, Alexandre Arcady souhaite porter sur grand écran un thriller sur fond de guerre et de politique. Il collabore avec l’écrivain espagnol, Jorge Semprún (Z, Stavisky) pour adapter le roman Pas de kaddish pour Sylberstein de Konop.

K est porté par une intrigue à la fois complexe et audacieuse. Le duo Arcady/Semprún affiche de l’ambition dans leur propos, et cela fait du bien (surtout après avoir vu Hold-up). Encore aujourd’hui, les thématiques abordées sont sensibles, et malgré quelques petits égarements, cela relativement solide pour l’articulation de l’intrigue principale. L’équipe du film apparait plus à l’aise sur la facette du polar, que de l’histoire. Cela dit, l’association des deux fonctionne.

La mise en scène est un peu poussiéreuse, notamment dans la seconde partie du film. La finesse n’est pas constante chez Alexandre Arcady. Globalement, le rythme est haletant même si quelques creux se font sentir. Les interprétations de Patrick Bruel et Pinkas Braun apportent le coffre nécessaire pour accrocher constamment le spectateur. En revanche, Isabella Ferrari ne bénéficie pas d’un personnage qui peut lui permettre de se hisser au même rang que ses partenaires.

En résumé, K est un thriller suffisamment palpitant et original pour en faire l’un des meilleurs films d’Alexandre Arcady.

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