Critique : Lady Chatterley (2006)

Lady Chatterley est un film dramatico-romantique coécrit et réalisé par Pascale Ferran.

Angleterre, automne 1921, au cœur du pays minier. Dans la froideur du château des Chatterley, la jeune Constance dépérit auprès de son mari, sir Clifford, infirme depuis son retour de la guerre. Un jour, elle rencontre Parkin, le garde-chasse, un homme rude et solitaire. Alors que la nature s’ouvre aux rayons du printemps, ces deux êtres séparés par leur position sociale vont peu à peu se rejoindre dans un éveil des sens salvateur.


L’éveil vers la vie et la liberté

Pascale Ferran adapte la deuxième version du roman de D. H. Lawrence, Lady Chatterley et l’Homme des bois. Porté par un petit budget de 3,2 millions d’euros, le long métrage se rapproche des modestes productions british du passé. Une modestie qui n’enlève en rien le fait que la cinéaste maitrise son sujet, ses personnages et leurs sentiments. Son approche rappelle souvent celle de James Gray (Ad Astra, Two Lovers), qui se focalise sur l’individu et les individus qui se voient rongés par l’amour ou la passion.

Tout d’abord, Lady Chaterley pose un contexte, celui de l’après-Guerre (1918), puis l’isolement des âmes au milieu de la campagne. On peut y voir un certain emprisonnement, qui fait naitre de la mélancolie chez les uns et les autres. La cinéaste est au plus près de Constance (Marina Hands), et on navigue avec elle sur la vague de ses désirs, ses joies et ses peines. L’impuissance physique et sentimentale de son mari conduit la jeune femme à se trouver une échappatoire. C’est tout d’abord, une promenade anodine qui va révéler la soif de désir enfuie de Constance. La rencontre avec le garde forestier redonne des couleurs à la lady… Pascale Ferran orchestre avec finesse le ressenti de Parkin et de Constance, et ce du début à la fin. Une histoire passionnelle qui offre une échappatoire à chacun et un goût retrouvé pour la vie.

En toute simplicité, la mise en scène est efficace. La réalisatrice porte son regard sur l’intimité de la lady. On épouse la sensibilité du personnage, de sa prison d’orée à la forêt de tous les possibles. Pascale Ferran respecte le roman et la facette british, sans pour autant tomber dans le simple réchauffé. Elle s’appuie à merveille sur les sublimes interprétations de Marina Hands et Jean-Louis Coulloc’h. L’actrice campe un rôle taillé sur mesure pour son talent. Son partenaire se révèle comme un acteur au charisme percutant, dans la veine de Marlon Brando ou Jason Clark. Une bestialité intérieure qui correspond parfaitement à Parkin. L’alchimie entre les deux interprètes est simplement renversante. La prestation d’Hippolyte Girardot apporte également du coffre au propos, à l’image de la scène où il se promène en petite voiture aux côtés de sa femme.

Le scénario est assez simple apparence, puisque ce sont les personnages qui prennent le monopole des lignes. Les thématiques restent intemporelles, et elles subtilement traitées. Les regards en disent plus que les mots, mais les dialogues sont très bons.

En résumé, Lady Chatterley est une adaptation lumineuse et sensuelle de l’œuvre de D.H. Lawrence. Marina Hands fait corps et âme avec son personnage.

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