Critique : Ni pour ni contre « bien au contraire » (2003)

Ni pour ni contre (bien au contraire) est un film policier français coécrit et réalisé par Cédric Klapisch.

Caty, une jeune fille de 27 ans, travaille depuis quelques années comme caméraman pour le journal télévisé. Elle fait bientôt la rencontre d’une bande de malfrats qui ont besoin de quelqu’un pour filmer leur prochain braquage. Elle accepte leur proposition et découvre la vie de ces charismatiques gangsters. Tentée par leur vie de pacha, Caty devient leur complice, quitte à risquer la prison. Elle accepte même de participer à un dernier gros coup avec la bande.


Les mains faibles, mais la tête haute

Lorsque Cédric Klapisch s’essaye au polar, cela attise forcément notre curiosité. Au début des années 2000, le genre est assez prisé dans l’hexagone. Jacques Audiard et Olivier Marchal figurent comme les cinéastes les plus intéressants. Avec Ni pour ni contre (bien au contraire), Cédric Klapisch souhaite sortir de sa zone de confort pour se rapprocher du cinéma noir de son enfance.

Le cinéaste français se démarque d’entrée par le parti pris d’instaurer Cary (Marie Gillain) au centre des petits voyous. Un choix qui paye rapidement et qui apporte une singularité au film. Le spectateur prend place aux côtés de cette anti-héroïne moderne, qui se révèle très attachante et brillamment interprétée.

Sur la forme, Cédric Klapisch ne parvient pas totalement à me convaincre. Ça démarre comme il faut, puis on s’égare dans la légèreté, voir la facilité aussi. Le ton sec n’est pas entièrement assumé, ce qui est dommage. Le potentiel d’offrir un grand polar est présent, mais l’exploitation n’y est pas, ni même l’inspiration. Le cinéaste n’est pas encore totalement ressorti de L’auberge espagnole, c’est évident. En revanche (et heureusement), il s’appuie sur les interprétations solides de Marie Gillain et Vincent Elbaz. Le duo a du charme et sert efficacement le propos.

Pour ce qui est du fond, on est également dans une demi teinte. Les gangsters sont traités de manière assez intéressante. Les scénaristes mettent en avant aussi bien la force de la bande, que leur médiocrité. Il se dégage une certaine authenticité, malgré quelques moments peu concrets. Et cela enraille la mécanique. Les paillettes dans les yeux de Caty amènent une facette onirique, ce qui est, à première vue louable. Malheureusement, cet aspect n’est pas totalement assumé.

La bande originale reflète cet hommage aux polars qui ont forgé le cinéaste. Loïk Dury signe un score qui colle toujours aussi bien aux images et à la sensibilité de Klapisch.

En résumé, Ni pour ni contre (bien au contraire) peut décevoir, mais laisse aussi entrevoir une certaine originalité (et actualité) dans son propos. Marie Gillain est particulièrement rayonnante au milieu des voyous.

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