Critique : De battre mon cœur s’est arrêté (2005)

De battre mon cœur s’est arrêté est un film dramatique français coécrit et réalisé par Michel Audiard.

À 28 ans, Tom semble marcher sur les traces de son père, un marchand de biens véreux et irresponsable. Une rencontre fortuite le pousse à croire qu’il pourrait être le pianiste concertiste de talent qu’il rêvait d’être, à l’image de sa mère. Sans cesser ses activités, il prépare une audition.


Quelques notes de génie !

A ceux qui proclament que le cinéma français n’a rien à offrir, à part des comédies bien grasses ou du drame social stéréotypé, on vous conseille de vous plonger de suite dans le cinéma de Jacques Audiard (et il y a d’autres grands cinéastes dans l’hexagone). Ce dernier mêle avec talent le cinéma d’auteur avec quelques ingrédients du cinéma de genre. Ses œuvres parcourent le monde, à travers les festivals (Venise, Cannes, Dublin, Berlin…) et les différentes académies (Oscars, BAFA, Golden Globes…). Le cinéaste français m’a ébloui à de nombreuses reprises, notamment par sa maitrise à composer des personnages, à la fois insaisissables et attachants.

De battre mon cœur s’est arrêté est considéré comme l’une des œuvres les plus fortes de Jacques Audiard, totalement dans la lignée du magnifique « Sur mes lèvres« . Tout d’abord, la direction du réalisateur sur Romain Duris, fait naître une véritable performance d’acteur. De plus, Niels Arestrup et Linh-Dan Pham sont tout aussi magnétiques et touchants. Que serait la distribution sans un bon script et des personnages forts à défendre ?

Jacques Audiard et Tonino Benacquista signent une intrigue sombre, qui vient broyerThomas (Romain Duris) et son entourage. Comme pour « Sur mes lèvres« , les scénaristes se fixent une croisée des chemins. Tout y est possible, comme c’était le cas pour un certain Travis Bickle (« Taxi Driver« ). Les remords et surtout les regrets sont omniprésents dans cette odyssée morale, qui emprunte les codes du polar, le drame sentimental et également ceux du thriller.

La mise en scène est d’une précision chirurgicale, et au plus près des corps. Jacques Audiard souffle une atmosphère intime, moite et obscure, qui étouffe littéralement les protagonistes. Le spectateur n’est pas épargné par toute l’intensité du récit et celle de Romain Duris. Son interprétation est électrique à souhait, ce qui colle parfaitement avec la vision du cinéaste. Et cerise sur le gâteau, les compositions d’Alexandre Desplat donne une peu plus de relief à l’atmosphère oppressante et mélancolique. Une communion artistique qui fait éclore la poésie et la beauté du cinéma.

En résumé, De battre mon cœur s’est arrêté vous tient par le col constamment au-dessus du vide, et l’atterrissage confirme que Jacques Audiard est un génie passionné. Romain Duris est remarquable !

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