Critique : Peut-être (1999)

Peut-être est une comédie de science-fiction française coécrite et réalisée par Cédric Klapisch.

Le soir du réveillon de l’an 2000 Lucie demande a Arthur de lui faire un enfant. Lui ne se sent pas prêt à être père. Au cours de la soirée quand la fête bat son plein, Arthur vit une expérience troublante. Il se retrouve transporté soixante-dix ans plus tard dans un paris ensablé. Il fait alors la rencontre d’un vieux monsieur chevelu qui affirme être son fils.


L’odyssée ensablée ?

Cédric Klapisch démarre son long métrage par un petit clin d’oeil au spectateur, qui s’attend à de la science-fiction française. Une introduction qui ne se prend pas au sérieux, et reflète déjà l’approche du cinéaste pour cette histoire. Le contexte et la galerie de personnages sont posés efficacement, ce qui nous permet de saisir les enjeux sentimentaux et sociaux entre Arthur et Lucie. Le passage à l’an 2000 est un prétexte pour changer les choses, chaque personnage apparait en quête (et/ou en perdition) de nouveaux repères. Un virage doit s’opérer, sauf pour Arthur. Ce dernier est satisfait de sa vie actuelle, pourquoi changer précisément le 31 décembre 1999 ? C’est sur question que l’intrigue va se former et nous conduire dans un futur qui remet en question Arthur et ses choix. Cédric Klapisch s’amuse avec les certitudes et les apparences pour brouiller l’avenir et certaines existences.

Sur la forme, le réalisateur reste fidèle à lui-même. Un cadre au plus près des personnages, tout en mettant en avant les différents environnements. La photographie de Philippe Le Sourd se fait surtout remarquée sur le Paris ensablé et crépusculaire. Les décors, les costumes et les accessoires sont efficaces, mais cela manque d’une véritable patte créative et originale. Le futur est esquissé, et cela affecte l’ambition de Klapisch et le potentiel de son propos.

Le script s’articule autour de thématiques intemporelles, notamment le couple, l’engagement ou encore la paternité. Dans l’ensemble, cela fonctionne plutôt bien. Cependant, on regrette que les protagonistes secondaires soient aussi légers, car le potentiel était là. On a connu plus de finesse de la part de Cédric Klapisch, surtout dans sa manière de composer une galerie de personnages. Le comique de situation est efficace, notamment dans la dernière partie. Il faut également souligner la facette poétique du propos, qui prend sa vibration à travers Jean-Paul Belmondo. Ce dernier propose une interprétation assez équilibrée, ce qui laisse l’ouverture à ses partenaires pour s’exprimer. Romain Duris frôle parfois la surenchère, mais il reste convaincant. Géraldine Pailhas ne bénéficie pas d’un rôle suffisamment étoffé pour livrer une grande composition, cela dit, elle est crédible. A noter, les présences de Vincent Elbaz, Olivier Gourmet et Jean-Pierre Bacri.

En résumé, Peut-être est une charmante fable, dosé avec humour et tendresse. Malheureusement, Cédric Klapisch s’embourbe dans son propos. Le film affiche un réel potentiel, qui n’a pas été complétement exploité.

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