Critique : Le Moine (2011)

Le Moine est un thriller gothique franco-espagnol coécrit et réalisé par Dominik Moll.

Adaptation du célèbre roman gothique de Matthew G. Lewis, publié en 1796, `Le Moine’ raconte le destin tragique de Frère Ambrosio dans l’Espagne catholique du XVIIe siècle. Abandonné à la naissance aux portes du couvent des Capucins, Ambrosio est élevé par les frères. Devenu un prédicateur admiré pour sa ferveur et redouté pour son intransigeance, il se croit à l’abri de toute tentation. L’arrivée d’un mystérieux novice va ébranler ses certitudes et le mener sur le chemin du péché.


Ambrosio, un moine qui vous veut du mal ?

La rencontre entre Dominik Moll (Seules les bêtes) et Vincent Cassel attise forcément notre curiosité. Deux hommes qui ont pour genre de prédilection le thriller, cela amène à certaines promesses, surtout lorsqu’il a pour toile de fond l’Espagne catholique du XVIIéme siècle.

Le thriller gothique est un genre difficile à traiter, et surtout à lui apporter de l’originalité. La facette fantastique lui est souvent assimilée, comme pour Dracula, Entretien avec un vampire ou encore Le Labyrinthe de Pan. Le Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud figure également une référence forte du genre. Est-ce que Le Moine a la prétention d’être du même cru ? En tout cas, sur le papier, on affiche le potentiel de nous offrir un moment palpitant et dérangeant.

Tout d’abord, Dominik Moll opte pour une mise en scène assez modeste. Il ne chamboule aucun code, bien au contraire. Son respect pour le roman de Matthew G. Lewis conduit à une certaine retenue sur le côté fiévreux et fantastique. L’atmosphère est froide, malsaine et sombre, mais elle n’atteint pas l’étouffement attendu. Dominik Moll aurait dû se permettre plus de choses pour dérouter, voir déranger son spectateur. De plus, les décors favorisent l’immersion, mais ils ne sont exploités jusqu’au bout. La facette hypnotique s’estompe au fur et à mesure que le récit s’épuise.

Concernant l’intrigue, c’est plutôt passionnant. Ambrosio (Vincent Cassel) véhicule un certain magnétisme, reflété par son interprète. En dehors de Valerio, les personnages secondaires manquent de relief. Dominik Moll ne s’amuse pas avec les apparences et l’ambiguïté. Cela défavorise le sentiment de déroute et le suspens. L’érotisme, l’onirisme et l’horreur ne sont pas assez appuyés pour faire monter la fièvre au sein du monastère et du couvent.

La musique d’Alberto Iglesias (compositeur fétiche de Pedro Almodovar) participe à l’ambiance austère et trouble du monastère. Les compositions auraient pu encore être plus marquantes, si les images l’étaient aussi.

En résumé, Le Moine se révèle plutôt gentillet dans son ensemble. La noirceur et la fièvre ne soufflent pas assez fort, malgré la présence de Vincent Cassel. On s’attendait à plus d’audace de la part de Dominik Moll.

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