Critique : Le Lion (2020)

Le Lion est une comédie d’espionnage française réalisée par Ludovic Colbeau-Justin.

Imaginez un Dany Boon en psychotique gravement atteint, chevelu, le corps légèrement gonflé par le développement des muscles, et fermement déterminé à convaincre son psychiatre qu’il est un agent secret hors pair, surnommé « le lion ». Face à lui, Philippe Katerine, en psychiatre aussi empathique que lunaire, ce qui, passés les premiers réflexes de défiance professionnelle, lui permettra toutes les crédulités. Il suffira que sa bien-aimée (Anne Serra) disparaisse, enlevée par un mystérieux prédateur masqué à bec de canard, pour que le psychiatre aux abois s’en remette corps et âme à son patient mythomane, et que tous deux se précipitent dans une série de mésaventures aussi rocambolesques que désopilantes.

Si l’intrigue policière élaborée autour de l’enlèvement de Louise est honnête, le film tient surtout par l’extraordinaire duo formé par Dany Boon et Philippe Katerine, l’un aussi testostéroné que l’autre est féminin, l’un aussi assuré et fonceur, fût-ce vers le pire, que l’autre est timoré, retenu et hésitant. Et l’on ne peut s’empêcher d’admirer au passage l’art du chanteur et acteur qui parvient à pousser de longs hurlements de terreur, face à ce que lui impose son funeste partenaire, sans pour autant griffer et érailler définitivement la voix délicate qui est son instrument de travail dans son autre vie. Le cheveu flou et en bataille, écarlate de colère ou de terreur, celui que le facétieux « lion » surnomme « lionceau », et qui était auparavant le « poussin » de sa Louise, est assez irrésistible.

Le ton est d’autant plus réjouissant que le filmage, avec Thomas Lerebour à l’image (rappelons que Ludovic Colbeau-Justin fut lui-même chef opérateur, avant de passer à la réalisation, ici pour la seconde fois), et la musique parodient volontiers, et très explicitement, le film d’action de grande envergure, comme si le film se laissait gagner par la folie des grandeurs de son héros déjanté.

Sans faiblir, le scénario maintient son rythme trépidant jusqu’au dévoilement final d’un traumatisme originaire qui leste le fougueux « lion » d’un capital sympathie encore accru et dépose le spectateur, heureux et content d’avoir ri à s’en retourner l’estomac.

Anne Schneider.

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