Critique : The Last Tree (2019)

The Last Tree est un film dramatique britannique écrit et réalisé par Shola Amoo.

Jeune britannique d’origine nigériane, Femi a connu une enfance heureuse en famille d’accueil dans la campagne du Lincolnshire. Quand il doit tout quitter pour aller vivre avec sa mère biologique dans un HLM à Londres, c’est un vrai déchirement. Entre les codes culturels de sa mère qui lui sont étrangers et ce nouvel environnement citadin difficile, Femi doit déterminer quel genre d’adulte il veut devenir…

Aujourd’hui, on est à la découverte d’un film et d’un jeune cinéaste britannique prometteur. Shola Amoo n’est pas encore sous les feux des projecteurs sur le plan international, mais ça ne serait tarder. C’est à travers ses études de journalisme et la réalisation d’un documentaire, que le cinéma s’est révélé à lui.

En 2016, il signe son premier long métrage, « A Moving Image« , où son regard se pose sur le quartier « jamaïquain » de Brixton, au sud de Londres. Un premier film qui renvoie au cinéma de Lee Daniels (Precious) et Spike Lee (Jungle Fever).


Un loup dans la jungle

Shola Amoo a révélé que ce deuxième long métrage était semi-autobiographique. Il puise dans son vécu, dans ce qu’il a pu voir et entendre, ce qui amène à une fiction authentique.

Durant les premières minutes, on fait la connaissance du jeune Femi. Il se montre épanoui à la campagne, sous la coupe de Mary, sa référente en famille d’accueil. Le réalisateur s’appuie sur la photographie chaleureuse de Stil Williams, pour représenter le bien-être de Femi. Les contrées verdoyantes du Lincolnshire vont laissées place au béton de Londres, lorsque que l’enfant va rejoindre sa mère biologique. Un chamboulement s’opère chez Femi, puisqu’il voit sa liberté s’effriter en même temps qu’il fait ses adieux à Mary…

Shola Amoo opte pour une approche intime, tout en prenant son élan sur l’environnement dans lequel Femi évolue. Sa mise en scène apparait assez académique, mais le réalisateur mise sur les émotions et les petits détails pour constituer la construction identitaire du protagoniste principal. La structure narrative est orchestrée en trois parties, à savoir l’enfance, l’adolescence et le passage vers l’âge adulte. Comme nous tous, Femi emprunte différents chemins, afin de trouver un but et la paix. Le cinéaste montre à quel point une vie peut vite basculée vers l’obscurité, et qu’elle est aussi nécessaire dans notre quête identitaire. Les différences culturelles et éducatives sont également mise en avant, et détermine notre existence. Shola Amoo insiste sur les bonnes et les mauvaises que l’on peut faire dans une vie, notamment dans son enfance et adolescence. Le poids des mots et des attitudes sont déterminants. Les racines participent autant à la crise identitaire de Femi.

Au niveau du casting, on peut parler de deux petites révélations. Tout d’abord, le jeune Tai Golding se montre particulièrement convaincant dans la peau de Femi (enfant). Shola Amoo capte parfaitement son potentiel, notamment sa force dans le regard. Puis, on a Sam Adewunmi pour camper Femi adolescent. L’acteur apparait bien plus âgé que son personnage, mais on oublie très vite ce détail, tant son interprétation habilement nuancée. Le reste de la distribution est tout aussi solide avec Denise Black (Mary), Ruhtxjiaïh Bèllènéa ou encore Gbemisola Ikumelo.

La musique tient une grande importance, puisqu’elle épouse les émotions de Femi. Tout comme le cinéaste, le compositeur, Segun Akinola est à suivre de près. Ses compositions ont des sonorités proches de celles d’Hans Zimmer, cela favorise les différentes atmosphères du long métrage. On surfe sur de la mélancolie, mais aussi sur de l’espoir, comme en témoigne le thème final. On peut également entendre The Cure, qui amène une scène douce et lumineuse.

En résumé, The Last Tree nous plonge au cœur d’une histoire forte et très proche de ce que l’on peut vivre dans notre existence. Le cinéaste et son équipe sont prometteurs, à eux de confirmer dans les années à venir. Shola Amoo sera attendu au tournant, car il prépare actuellement un biopic sur Muhammad Ali, lors de son refus d’intégrer l’armée américaine.

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