Critique : Exotica (1994)

Exotica est un thriller canadien écrit et réalisé par Atom Egoyan.

Christina est strip-teaseuse à l’Exoticca, un club dirigé par Zoé, une femme à caractère fort. Elle entretient une étrange relation avec un des habitués, Francis, contrôleur des impôts, tandis qu’Éric, animateur dans le club, est secrètement amoureux d’elle.


Un petit puzzle, cela vous tente ?

Le synopsis n’est pas vraiment attirant, mais la meilleure chaine culturelle (Arte) nous conseille de nous (re)découvrir cette œuvre labyrinthique et froide. Exotica se rapproche du cinéma de David Lynch et David Cronenberg.

L’atmosphère est à la fois envoutante, troublante et dérangeante. Atom Egoyan joue avec les codes du film noir, du thriller et du drame. Sous un rythme langoureux, il plonge le spectateur au milieu de personnages en proie à des tentations. L’étrange et le mystère prennent peu à peu de l’épaisseur autour de chaque protagoniste, ce qui ajoute un aspect magnétique à ce labyrinthe. D’ailleurs, on retrouve cette facette dans les mésestimés « La Vérité Nue » et « Captives« .

Le cadre s’appuie à merveille sur la photographie de Paul Sarossy. Les décors et les lumières font corps avec la sensibilité du réalisateur et sa volonté de frôler les songes. Sans oublier, l’importance de la musique de Mychael Danna et Leonard Cohen.

Pour ce qui est de l’écriture, Atom Egoyan explore la solitude et la nature humaine avec une certaine ambiguïté. Il n’hésite pas à semer le trouble chez le spectateur. Les dialogues peuvent apparaitre simplistes, pourtant, ils prennent de l’épaisseur à travers les différents interprètes. Par exemple, l’ouverture du film pourrait se dérouler dans l’Exotica, alors que l’on est dans un commissariat. Le cinéaste s’amuse autour des apparences, des sentiments et du temps.

Côté casting, Mia Kirshner crève littéralement l’écran. Elle épouse parfaitement tout ce que Aton Egoyan a composé autour d’elle. Bruce Greenwood et Elias Koteas consolident l’ambiguïté et le mystère entre les lieux et les personnages. En terme de prestation, il aurait été intéressant d’apporter plus de matière, afin d’être au même niveau que l’actrice principale.

En résumé, Exotica est une expérience assez sombre et vertigineuse sur le désir. Atom Egoyan ne laisse pas indifférent, soit on adhère ou pas. En tout cas, son cinéma interroge autant qu’il peut déranger.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    Je ne l’ai pas revu depuis des lustres, mais j’en garde un souvenir puissant. Cet article risque bien de me renvoyer sur sa piste. 👍

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      1. princecranoir dit :

        Oh, merci pour l’info !

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