Critique : Justice League « Snyder Cut » (2021)

Justice League est un film de super-héros américain coécrit et réalisé par Zack Snyder.

Déterminé à s’assurer que l’ultime sacrifice de Superman n’ai pas été fait en vain, Bruce Wayne décide de faire équipe avec la guerrière Amazone Diana Prince. Leur but est de parvenir à former une équipe de méta-humains en capacité de protéger le monde face à une menace s’approchant de la Terre. La tâche s’avèrera plus difficile et chacune des recrues devra faire face aux démons de leur passé pour former une alliance sans précédent. Batman, Wonder Woman, Aquaman, Cyborg et Flash devront s’unir pour tenter de sauver la planète des terribles plans de Steppenwolf et de son chef suprême, Darkseid.


L’heure de la résurrection ?

Après une production chaotique et un échec critique et commercial, Justice League fait peau neuve avec Zack Snyder et HBO. A travers les réseaux sociaux, les fans du cinéaste et des comics ont soutenu ce fameux « Snyder cut » pour que les producteurs de Warner revoient leur plan et rétablissent la vérité artistique du long métrage.

En mai 2020, Zack Snyder annonce que sa version a été validée et sera diffusée en mars 2021 sur HBO Max. Warner y voit une belle occasion de booster sa plateforme SVOD. En terme de communication, on peut dire que Zack Snyder et Warner ont inondé la toile pendant plus d’un an. La durée du film est évaluée à environ 4 heures.Évidemment, cela a alimenté l’impatience chez les fans. Une grosse attente synonyme de pari risqué pour le cinéaste et Warner. Soit ça passe, soit ça casse définitivement…

Une comparaison qui fausse le jugement ?

On ne peut pas éviter la confrontation entre la version « Warner/Whedon » et celle de Zack Snyder (et également la Warner). Le ressenti peut être quelque peu faussé, car la deuxième monture correspond à l’idée que l’on se fait d’un film, et surtout d’une suite directe. Cependant, il faut l’aborder en essayant de faire totalement abstraction du produit qui est, malheureusement, sorti dans les salles. Zack Snyder et ses associés nous ont vendu un grand film de super-héros. A présent, il se doit de l’être.

Une carte blanche en demi-teinte

A travers cette seconde version, Zack Snyder nous offre un film qui se rapproche le plus étroitement à ce qu’il voulait faire au départ. Malgré tout, les producteurs ont posé certaines conditions. Tout d’abord, on n’a plus la même approche en terme psychologie des personnages. La noirceur (et le sang) laisse place à quelques éclaircies. Les références religieuses sont également moins présentes que dans « Batman V Superman » et Man of Steel« . Les conflits intérieurs ne sont plus aussi bien constitués, par rapport aux précédents films. L’humour ironique de Zack Snyder est absent, tout comme l’impact qu’il donne aux dialogues. Bien sûr, la Warner n’est pas seule responsable des défauts du film, mais cela ne reflète pas du pur Zack Snyder. Il vous suffit de revoir « 300 » et « Watchmen » pour vous faire votre propre avis sur la question.

Souvenez-vous des thématiques centrales de « Man of Steel » et « BvS« , Zack Snyder avait misé sur la place des mythes au milieu des humains. Les dilemmes renforçaient la profondeur chez les différents protagonistes… Pour Justice League, le cinéaste n’est plus dans a même veine. Il aurait pu la transporter à l’échelle supérieure avec Darkseid et Steppenwolf. On est simplement dans une course contre la montre pour la quête des boites. Heureusement, le développement de certains personnages véhicule un petit relief intéressant.

Marta Kent et Loïs Lane bénéficient d’une scène « spéciale » qui reflète complètement la vision de Zack Snyder. Martian Manhunter est subtilement mis en place, et sa présence laisse plusieurs portes ouvertes pour d’éventuels préquels ou séquelles. On apprécie également le développement de Cyborg et de son père. Du côté des antagonistes, Steppenwolf et Darkseid ont une aura iconique et un background suffisamment passionnant.

En revanche, Superman ne bénéficie pas d’une place forte, ce qui est une petite déception. On s’attendait à des enjeux forts et cohérents pour le fils de Krypton. Pourtant, il y avait peut-être la place pour le faire. à travers ses 4 heures de film. Par exemple, il aurait été intéressant de revoir Jor-El ou un songe avec Jonathan Kent. L’autre désillusion concerne la composition de Flash. Son rôle au sein de l’intrigue est suffisamment important, mais son caractère reste assez lisse. Il incarne le « bouffon » de la bande, et c’est du réchauffé. Le relationnel entre Batman et Wonder Woman n’est pas assez exploité. Et le commissaire James Gordon reste anecdotique.

Malgré quelques bonnes pistes, le script n’est pas en cohérence totale avec les films précédents. Étrangement, on n’assiste à une esquisse de Zack Snyder. La production chaotique a laissé des cicatrices et quelques plaies ouvertes. Les dialogues sont loin d’être mémorables et savoureux. On a connu mieux par le passé.

Au niveau de la mise en scène, on retrouve les mêmes soucis. L’action prime avant tout, ce qui aurait pu favorisé la fluidité du long métrage. Il y a des séquences prenantes, mais malheureusement, cela amène parfois à un étirement, voir une inutilité totale. On a l’impression que Zack Snyder et Warner ont chargé la mule, sans vraiment penser au voyage.

Le déséquilibre scénaristique se reflète dans la scénographie. Flash et Superman restent à quai pour ensuite être décisifs dans le final, et les vilains bénéficient de séquences assez épiques. Wonder Woman et son univers bénéficient également d’un excellent traitement à l’écran.

Le cinéaste n’épure pas son style, et la non-finalisation des CGI n’arrange pas les choses. La surenchère du slow motion est également regrettable. L’épilogue est satisfaisant, mais visuellement ça pique un peu. Les partis pris ne sont pas tous justifiés, contrairement à ses films précédents.

La photographie de Fabian Wagner n’est pas aussi mémorable que celle de Larry Fong (BvS, Watchmen). Cependant, on retrouve quelques particularités d’imageries de Game of Thrones. C’est charmant, sans être remarquable. Les décors ne sont pas autant mis en avant qu’auparavant. Le design de Martian Manhunter est une bonne surprise. On devine efficacement le côté organique du personnage, contrairement à Cyborg.

Côté musique, on est loin de la puissance du score de « BvS » ou « Man of Steel« . L’aspect recyclage reste efficace, mais cela n’apporte rien de neuf.

Le DCEU peut relever légèrement la tête, mais il traine toujours le soucis de ne pas avoir pris le temps de développer ses héros. La saga ressemble de plus en plus à la dernière trilogie de Star Wars. Les intérêts commerciaux passent avant l’Art du cinéma. Même si il n’est pas exempt d’erreurs, le MCU dirigé par Kevin Feige est parvenu à constituer un univers riche et cohérent.

Zack Snyder et Warner ont pondu trois films qui ont rencontré des soucis. Les divergences entre le cinéaste et les producteurs a causé bon nombre de soucis pour chacun des films. Aujourd’hui, Justice League renait quelque peu de ses cendres, mais il ne parvient pas à gommer toutes les erreurs qui émanent de cet univers. On prend du plaisir, mais le tout semble inachevé. Ce sentiment que l’on avait déjà ressenti pour Man of Steel, Suicide Squad… Vous l’avez compris, nous n’avons pas été totalement embarqué dans ce « Snyder cut« . Les efforts pour raccrocher les wagons ne parviennent pas à nous faire croire à une réussite. Au final, il vaut mieux se replonger dans les comics ou les films et séries d’animations.

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