Critique : Black Rain (1989)

Black Rain est un film policier américain réalisé par Ridley Scott.

Deux policiers new-yorkais témoins d’un meurtre capturent le yakusa responsable du crime. Chargés de l’escorter au Japon, ils se retrouvent plongés au cœur de l’univers de la puissante mafia d’Osaka.


Une beauté peu endiablé…

Les premiers instants du long métrage suivent efficacement les codes du polar 80’s à l’américaine. La photographie de Jan de Bont (Basic Instinct, Piège de Cristal) amène tout de suite une atmosphère crépusculaire aux images de Ridley Scott. Au centre des routes New-yorkaises, l’iconisation de Michael Douglas en flic borderline commence. Tout cela s’accompagne du son de Greg Allman et Hans Zimmer. Le charme opère immédiatement.

Le personnage principal entretient quelques similitudes avec Nick Curran (Basic Instinct). Michael Douglas qui interprète un flic tête brulée, qui est dans la ligne de mire de l’IGS. On s’attache rapidement à ce caractère bien trempé et l’énergie explosive dont il fait preuve.

Contrairement à William Friedkin ou Michael Cimino, Ridley Scott ne joue pas la carte de la férocité et de la noirceur jusqu’au bout. Le scénario est assez classique, et tire les ficelles assez facilement. On sent tout le potentiel d’un véritable polar noir, dans la veine de Sens Unique ou Le Solitaire. Mais les producteurs souhaitent un polar divertissant, sans de multiples tiroirs scénaristiques et de nouveaux codes.

Au niveau de la mise en scène, on est convaincu par le savoir-faire de Ridley Scott, sublimement épaulé par son chef opérateur. L’esthétique rappelle Blade Runner, un préquel aurait été incroyable non ? Imaginez un peu, Michael Douglas qui enquête entre New-York et Osaka avec en fond de toile la naissance des androïdes. Oups ! Désolé, on s’égare…

On savoure le spectacle proposé, même si parfois on tombe dans la bêtise, comme pour la scène tragique du film. Il y avait tellement mieux à faire pour hisser l’intensité à la même hauteur que de l’importance de la séquence. D’ailleurs, on ressent comme une coupe brutale après cette scène, comme si il manquait cinq ou dix minutes. Encore une fois, il faut être efficace et dans les temps, afin d’optimiser la vente de tickets.

Côté casting, Michael Douglas se marie parfaitement avec son rôle. Le thriller est un genre où il réussit à apporter de l’intensité et de la conviction à son personnage. A ses côtés, Andy Garcia ne bénéficie pas d’un rôle où il peut exprimer tout son potentiel. A l’époque, Hollywood ne lui offre que des rôles de jeunes premiers naïfs. A l’écran, le duo a de la gueule, mais les scénaristes ne l’ont pas suffisamment fortifié. On est loin d’avoir une paire de flics du calibre de « L’Arme Fatale » ou « Mississippi Burning« . Kate Capshaw (Indiana Jones et le Temple Maudit) défend parfaitement son personnage, qui méritait plus de développement. Ken Takakura se révèle attachant, même si il apparait un peu trop gentillet quelques fois. Et pour finir, Yūsaku Matsuda reflète pas mal de clichés du yakuza, mais il parvient à incarner un antagoniste redoutable.

Et pour finir, la bande originale de Hans Zimmer fait dans l’efficacité. Ses compositions se rapprochent fortement de celles de « Rain Man« .

En résumé, Black Rain ne sort pas du lot, mais reste suffisamment divertissant. Michael Douglas en grande forme ! Malheureusement, ce n’est pas le cas des scénaristes. Les ficelles sont téléphonées, ce qui est regrettable, tant le potentiel était conséquent.

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