Critique : Bluebird (2018)

Bluebird est un thriller dramatique franco-belge écrit et réalisé par Jérémie Guez.

Danny est un ancien taulard qui aspire à une vie tranquille. Il se prend d’affection et d’amitié pour sa logeuse et Clara, la petite fille de cette dernière avec qui il développe une relation paternelle. Cependant, la vie paisible dont il rêvait est brutalement interrompue lorsque la petite Clara est victime d’une agression. Afin de la venger, Dany va de nouveau avoir recours à la violence.

Grand passionné du polar, Jérémie Guez s’est fait connaître à travers ses romans (Paris, la nuit) et ses scénarios (Sparring, Carnivores). Au milieu des années 2010, l’écrivain tient l’opportunité d’adapter un roman qu’il affectionne, à savoir L’Homme de plonge (The Dishwasher) de Dannie M. Martin.

Le long métrage obtient de bons échos, lors de sa présentation dans différents festivals européens. Malheureusement, la sortie en salles est avortée à cause de la crise sanitaire. Bluebird sort en VOD en juin 2020.


De belles et de mauvaises rencontres…

La quête de repères pour se (re)construire, voila ce que Jérémie Guez place d’entrée chez les personnages. On s’accroche rapidement au mystérieux Danny, dont la caractérisation rappelle Léon, Robert McCall (Equalizer) ou encore Joe (A Beautiful Day). La recette est connue, mais la représentation à l’écran reflète de la pudeur et de la sensibilité. Les interprétations de Roland Møller et Lola Le Laan cristallisent parfaitement la vision du cinéaste. En secondes lames, Veerle Baetens et Lubna Azabal sont convaincantes, et elles méritaient même plus de présence à l’écran.

Ce dernier calque les codes du genre, tout en optant pour un rythme langoureux et peu de dialogues. Jérémie Guez travaille ses personnages au plus près. Les regards et la gestuelle viennent caractériser chaque protagoniste. Les partis pris sont justifiés et payants, puisqu’ils apportent de l’élégance, une certaine liberté et une identité cinématographique. L’atmosphère crépusculaire s’accorde efficacement à la solitude de Danny, Clara et sa mère. Visuellement, le cadre intimiste amène à des images sublimes et poétiques. La photographie de Dimitri Karakatsanis se rapproche de celle d’Arnaud Potier (Galveston, Les Cowboys), ce qui amène à une harmonie entre le fond et la forme.

Justement, parlons à présent de l’écriture. Jérémie Guez n’ambitionnait pas d’offrir une histoire qui se démarque des autres. Cependant, il exprime son amour pour le roman de Dannie M. Martin dans son script. Une sincérité qui couple avec la simplicité. Le mélange fonctionne, mais ne marque pas le spectateur au fer rouge. Pourtant, le potentiel est omniprésent pour le faire.

Le score de Séverin Favriau s’articule de sonorités envoûtantes, qui épousent la mélancolie et la noirceur. A l’image du cinéaste, on retrouve des influences du film noir italien, français et américain.

En résumé, Bluebird brille par sa pudeur et sa sincérité. Jérémie Guez signe un premier réussi, et laisse entrevoir de belles choses pour la suite. D’ailleurs, un triptyque autour de Danny (Roland Møller) pourrait être intéressant.

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