Critique : Quand vient la nuit (2014)

Quand vient la nuit est un thriller américain réalisé par Michaël R. Roskam.

Bob est barman dans un bar de quartier à Brooklyn tenu par Marv, son cousin, et appartenant à la mafia russe. Ils sont impliqués depuis des années dans le trafic d’argent sale qui circule dans la ville et qui utilise les bars comme lieux de dépôt. Un soir, le bar est braqué par deux malfrats qui exigent l’argent de la caisse. Cet événement va déclencher une enquête qui va faire resurgir le passé de Bob et bouleverser son existence.

Dés sa publication, le producteur, Peter Chernin achète les droits d’adaptation de « The Drop » (renommé Quand vient la nuit en France) et engage instantanément l’auteur, Dennis Lehane (Mystic River, Shutter Island) pour écrire le scénario.

Tout d’abord, David Cronenberg montre de l’intérêt pour le script, mais Maps to the stars devient sa priorité. Dans un second temps, Neil Burger (Limitless) est sollicité pour être derrière la caméra. Seulement, le réalisateur américain est engagé sur Divergente. Les producteurs et le scénariste proposent alors le projet à Michaël R. Roskam. Ce dernier s’est fait remarqué outre-Atlantique avec son premier film, Bullhead. Une belle occasion s’offre pour le cinéaste belge, heureux de collaborer avec Dennis Lehane, Tom Hardy, James Gandolfini, Noomie Rapace et son acteur fétiche, Matthias Schoenaerts. Le budget est évalué à 12,6 millions de dollars. En salles, le long métrage rapporte 18,7 millions de dollars.


Au-delà des apparences…

L’écriture de Dennis Lehane se caractérise par des personnages qui, aux premiers abords, n’ont rien d’exceptionnel. Ils naviguent dans un environnement assez quelconque, mais qui cache des secrets, des magouilles ou encore quelques cadavres. La mélancolie a gagné les cœurs et les esprits. L’intrigue est fragmentée pour mieux surprendre, et apporter un nouveau regard sur les protagonistes. L’auteur retranscrit subtilement l’atmosphère de Brooklyn, et plus particulièrement de la communauté irlandaise. Un script que l’on peut qualifier de sombre, efficace et assez réaliste.

Pour ce qui est de la mise en scène, Michaël R. Roskam n’est pas dépassé par ses ambitions. Il s’est imprégné totalement du scénario et de sa facette « bête endormie ». Son cadre dévoile une atmosphère froide et grisonnante, qui enfuie (trop ?) les émotions. Les gangsters rincés collent à l’environnement, ce qui laisse entrevoir un passé sombre et pesant pour ce petit quartier. La photographie de Nicolas Karakatsanis favorise le voile sur les personnages, qui viennent se confondre avec l’environnement. Le réalisme était omniprésent dans le scénario, et c’est également le cas à l’écran. Si l’on devait avoir un mini reproche à faire au cinéaste, c’est l’utilisation du ralentis dans la dernière partie. La séquence aurait pu être plus impressionnante, tout en étant crédible et cohérente avec l’écriture.

Pour ce qui est du casting, la production et le scénariste ont soumis une liste prestigieuse d’interprètes à Michaël R. Roskam. James Gandolfini a été le premier coup de cœur pour le cinéaste. Il ne voyait personne d’autre pour incarner le cousin Marv. Le charisme et le savoir-faire de l’acteur amènent parfaitement la dimension du caïd désabusé. Tom Hardy met en valeur son mutisme, pour donner du relief et de l’intensité à son personnage. Noomie Rapace se montre convaincante, mais on l’a connu mieux inspiré. Même si ils sont un peu ne retrait, Matthias Schoenaerts et John Ortiz sont très bons.

La bande originale de Marco Beltrami et Raf Keunen accompagne la mélancolie des personnages, et épouse le suspens au bon moment. Sobre et efficace.

En résumé, Quand vient la nuit est un polar urbain qui ne manque pas d’éclats. La collaboration entre Michaël R. Roskam et Dennis Lehane est une belle réussite. Un tandem qui ne devrait pas hésité à se reformer à Hollywood ou bien en France…

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